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La définition de Tonus


Le tonus désigne un état de légère tension résiduelle des muscles au repos. Il se traduit par la résistance plus ou moins importante qu'oppose le muscle lorsqu'on l'étire.


Les caractéristiques du tonus

La tension du muscle est entretenue par l'activité de contraction permanente de certaines fibres musculaires commandées par des motoneurones dont l'activité est tonique. Cette activité, par opposition à l'activité phasique, présente les caractéristiques suivantes:

  • Il s'agit d'un tétanos à basse fréquence.
  • L'activité tonique n'est génératrice ni de mouvement ni de déplacement.
  • L'activité tonique est persistante.
  • L'activité tonique est peu sensible aux effets de fatigue.
  • La dépense énergétique de l'activité tonique est faible.

Le tonus est essentiellement impliqué dans la création et le maintien de la posture. Aussi, il joue des plusieurs rôles:

  • Il établit les rapports statiques et réciproques entre les différents segments corporels et fixe les pièces articulées du squelette dans des positions solidaires les unes des autres (l'attitude).
  • Il permet le maintien de la station verticale par son action antigravitaire.
  • Par les modifications continuelles de sa répartition au niveau musculaire, il contribue aux mécanismes d'équilibration et à leur maintien au cours des déplacements actifs ou passifs du corps.
  • Il contrôle la disponibilité des muscles aboutissant à la réalisation d'un geste ou d'un mouvement et régule la précision des actes volontaires ou des actes réflexes, notamment ceux de la locomotion. En effet, tout mouvement s'effectue à partir d'une posture pour se terminer dans une autre posture.

Les activités musculaires toniques et phasiques sont donc liées. En effet, il n'y a pas plus d'activité tonique isolée que de contraction phasique d'un seul muscle.


La régulation du tonus musculaire

Un des mécanismes fondamentaux impliqués dans la régulation du tonus musculaire est le réflexe myotatique. La stimulation des fuseaux neuromusculaires et des corpuscules tendineux de Golgi par l'étirement des muscles met en jeu les motoneurones alpha situés dans la moelle épinière. Cette stimulation induit une réponse tonique et antigravitaire des muscles. Les corpuscules de Golgi exercent une action inhibitrice sur l'activité alpha.
Cette régulation a pour fonction d'éviter une contraction musculaire trop importante ou inadaptée lors d'un mouvement ou d'un changement de posture. La boucle gamma, née des motoneurones médullaires gamma, intervient également dans la contraction musculaire en assurant une régulation de la tension des fuseaux destinée à amortir les effets de l'étirement ou du relâchement des muscles. La proprioception, mise en jeu par les changements de positions des articulations lors d'un geste ou d'un mouvement, est également impliquée dans le contrôle du tonus.
En outre, le système vestibulaire agit par la voie vestibulospinale. Ainsi, les informations vestibulaires participent au réflexe myotatique et renforcent le tonus des muscles extenseurs de la tête, de la nuque et des membres. Le système vestibulaire a une action directe sur la régulation du tonus musculaire antigravitaire et le contrôle de la posture.
Enfin, les informations sensorielles extéroceptives modifient le tonus musculaire en permettant l'adoption de postures favorables à un traitement des informations issues du milieu environnant.


Les facteurs influençant le tonus musculaire

Le tonus musculaire dépend avant tout de la sensibilité proprioceptive des muscles. L'intensité du tonus dans chaque muscle et sa répartition locale ou globale sont réglées par des circuits réflexes multiples dont les centres se trouvent à différents niveaux du système nerveux central. Cette dispersion explique que des atteintes variées du névraxe, ou des différences de maturation, perturbent l'activité tonique (hypo ou hypertonie) mais ne l'abolissent jamais complètement.
Le tonus musculaire n'est pas uniquement la résultante de facteurs endogènes contrôlés par des mécanismes centraux. Essentiellement au service de la motricité de relation avec l'environnement, le tonus musculaire est perpétuellement modifié par des facteurs exogènes qui vont régler la précision de son ajustement dans les activités motrices. Les réflexes spinaux d'étirement sont présents dès la naissance. Leur organisation est néanmoins différente de celle qui est observée chez le nourrisson plus âgé et chez l'adulte. L'activité synergique entre muscles agonistes et antagonistes est très marquée durant les premiers mois de la vie. De même, jusqu'à l'âge de six mois, il n'existe pas d'activation réciproque entre muscles fléchisseurs et muscles extenseurs impliqués dans les réponses à l'étirement. Enfin, les structures nerveuses responsables de l'inhibition de la contraction musculaire et du mouvement ne semblent pas actives avant l'âge de deux mois.


Le tonus cortical

Il s'agit de l'intensité des processus nerveux dont une structure nerveuse est le siège. Le tonus cortical désigne également les conséquences de cette activité nerveuse sur le comportement.
Dans le cas du cortex, une activité tonique intense (ou vigilance corticale) se traduit par une excitabilité élevée, assurant une réactivité optimale aux stimulus du milieu. Aussi, la fréquence de décharge des neurones corticaux est maximale au cours des états vigiles, minimale au cours du sommeil lent et élevée au cours du sommeil paradoxal, avec une organisation temporelle particulière.


Le tonus réticulaire

Il s'agit de l'ensemble des effets activateurs toniques que le système réticulaire du tronc cérébral exerce sur la vigilance du cortex et sur les systèmes moteurs et végétatifs. La formation réticulée présente, chez la personne éveillée, une activité tonique qui participe au maintien de la vigilance générale de l'organisme. Ainsi, ce dernier se trouve prêt à réagir de manière adaptée aux stimulations du milieu.
Par ailleurs, le tonus réticulaire est entretenu en particulier par les afférences sensorielles provenant du monde extérieur et du milieu intérieur. Cette tension se relâche au cours des baisses de vigilance.


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