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La définition de Pseudomutualité


La pseudomutualité désigne un modèle d'interaction sociale dans une famille à tendances pathologiques. Il a été théorisé en 1958 par Lyman Wynne, Irving Ryckoff, Juliana Day et Stanley Hirsch.


L'émergence de la pseudomutualité

Dans le domaine de la psychopathologie américaine, la contestation de l'idée néojacksonienne selon laquelle la schizophrénie serait une sorte de régression vers un état primitif de bon sauvage a trouvé son expression dans la théorie interpersonnelle de Harry Sullivan.
En 1958 paraît, dans une revue du courant sullivanien, une étude proche des travaux de Gregory Bateson et de Don D. Jackson. La date est significative car le modèle macropsychosocial naît durant la période de crise et d'incertitude qui suit la crise de 1929 et le chômage qui en fut la conséquence. En revanche, les années 1950, période de conservatisme puis de relative prospérité, sont témoin d'un certain nombre de modèles microsociaux de schizophrénie dont le double bind et la pseudomutualité sont parmi les plus connus.


Les présupposés théoriques de la pseudomutualité

Les présupposés théoriques de la pseudomutualité sont que les relations humaines constituent un besoin, que l'être s'oriente en fonction d'objets et que chaque individu tente de développer une identité personnelle. Pour atteindre ces buts, il existe trois solutions:

  • La mutualité: il s'agit d'une relation évolutive qui intègre les divergences.
  • La non-mutualité: il s'agit, par exemple, de relations banales client/vendeur, voyageur/employé de la S.N.C.F.
  • La pseudomutualité: la relation entre deux personnes s'établit au prix de la négation de la différenciation des deux identités. Ainsi, l'investissement émotionnel est dirigé plutôt vers le maintien de la demande réciproque, au prix d'un aveuglement face aux modifications de la demande. C'est une situation figée qui ne peut évoluer, où la « divergence est perçue comme menace à la relation et doit donc être évitée. Mais, si la divergence est évitée, la croissance de la relation est impossible.

Les hypothèses relatives à la pseudomutualité

On peut relever trois hypothèses principales relatives à la pseudomutualité:

  • Première hypothèse: chez les personnes qui développent une schizophrénie aiguë, les relations familiales ouvertement reconnues comme acceptables possèdent la qualité d'une pseudomutualité intense et durable.

  • Deuxième hypothèse: dans les familles de schizophrènes potentiels, l'intensité et la durée de la pseudomutualité ont amené le développement d'une variété particulière de mécanismes familiaux qui ont pour effet d'exclure du champ de perception ou de réintégrer de façon délirante toute déviation par rapport à la structure des rôles familiaux. Ces mécanismes communs agissent à un niveau primitif en empêchant l'articulation et la sélection de sens qui pourraient permettre à l'individu, le membre de la famille, de différencier son identité personnelle à l'intérieur ou à l'extérieur de la structure des rôles familiaux. Toutes perceptions ou communications qui menacent l'homéostasie familiale sont donc déformées, rendues floues ou diluées. Dans une telle situation, la possibilité de savoir qui et où l'on est s'amoindrit. Il s'ensuit une difficulté à élaborer une identité.

  • Troisième hypothèse: la fragmentation d'expérience, l'émiettement de l'identité, la perturbation de la perception et de la communication sont en grande partie dérivés d'un processus d'intériorisation familiale de caractéristiques de l'organisation sociale. Ainsi, pour les auteurs, la pseudomutualité n'est pas une théorie complète de la schizophrénie mais participe à la genèse des troubles dans les cas où d'autres facteurs seraient présents.

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