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La définition de Fugue


Une fugue désigne un comportement inhabituel et imprévu de fuite du lieu ordinaire de résidence.


L'histoire de la fugue en psychiatrie

Le caractère insolite ou déraisonnable de la fugue, dont il faut expliciter les motivations, révèle souvent l'existence de troubles psychologiques. Il faut différencier la fugue du vagabondage, de l'errance.
Dès le XIXe siècle, les aliénistes ont tenté de rattacher cette conduite aux affections mentales, comme les classiques fugues des épileptiques ou la fugue hystérique, accomplie dans un état second de la personnalité, avec amnésie plus ou moins complète.
Aujourd'hui, on distingue les fugues symptômes d'une pathologie neuropsychiatrique (par exemple, la confusion mentale ou la schizophrénie), des comportements impulsifs, dont il faut déterminer la signification. C'est d'abord l'état physique du fugueur (déshydraté, épuisé, confus) et l'étude du déroulement de la fugue qui permettent d'en comprendre la signification. La période précédant la fugue renseigne sur l'existence de préparatifs et le contexte socio-familial (chômage, transplantation, marginalité, conflit relationnel). Aussi, le passage du fantasme à la réalisation (le passage à l'acte) est parfois impulsif, incoercible ou hésitant. Il s'accompagne parfois de modifications de la conscience. Le récit de la fugue elle-même est souvent vague, ou réticent, et permet quelquefois de retrouver d'autres comportements pathologiques (des actes antisociaux, des vols pour se nourrir, une prostitution, etc...). La fin de la fugue, parfois dictée par la nécessité, peut aussi être fortuite ou suggérée par un tiers.


La fugue chez l'enfant et l'adolescent

L'état psychologique de l'individu au moment de la fugue oriente sur des troubles mentaux sévères (mélancolie, schizophrénie ou déséquilibre psychique) ou sur une pathologie de la personnalité ou réactionnelle qui varie selon l'âge.
Chez le jeune enfant, il faut attendre 6 ou 7 ans pour parler de fugues. Celles-ci sont généralement courtes, l'éloignant du milieu familial ou de l'école. Par ailleurs, la phobie scolaire est fréquente dès le primaire chez des enfants angoissés par toute séparation d'avec leur mère, ou plus tard, chez les adolescents. Il s'agit alors de symptôme névrotique. Enfin, les enfants psychotiques peuvent fuguer sans raison apparente ou, chez les mêmes enfants, la fugue peut révéler la psychose.
Chez l'adolescent, il peut s'agir d'une fuite solitaire face à un conflit familial aigu, mais aussi d'une fuite de soi-même, révélant des difficultés intérieures (des troubles de l'identité, la recherche d'un groupe d'accueil, le refuge dans la marginalité), parfois même d'un état dépressif grave ou d'une schizophrénie débutante.


La fugue chez l'adulte

À l'autre extrémité de la vie, le vieillard fugueur est parfois intellectuellement affaibli. Mais la fugue peut aussi révéler la révolte contre des conditions de vie insupportables. Dans certains cas, on peut rapprocher la fugue des conduites asociales comme la disparition de certains adultes pour abandon de foyer, escroquerie à l'assurance, changement d'identité. Les évasions de militaires, de détenus auraient la même signification.
Les fugues comportent souvent des complications. La plus grave est l'association fugue-conduite suicidaire. La fugue est donc un signal d'alarme qui doit permettre d'instaurer une prise en charge pour réaménager les conditions socio-familiales, éducatives et psychologiques dans le but de prévenir les récidives du fugueur, en l'aidant à dépasser ses difficultés. Cela nécessite parfois une hospitalisation, surtout quand l'état mental du patient le rend dangereux pour lui-même ou pour autrui.


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