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La définition de Débilité


La débilité désigne un état permanent d'insuffisance intellectuelle, qui ne permet pas de répondre aux exigences du milieu.


Les caractéristiques de la débilité

Si l'on prend pour référence la théorie de l'intelligence de Jean Piaget, les débiles parviennent au stade des opérations concrètes, mais jamais au stade formel, qui implique le raisonnement sur des propositions.
Dans une perspective développementale, la débilité se caractérise par la lenteur et la limitation du développement intellectuel. La comparaison avec des enfants plus jeunes, dont l'âge mental est le même que l'âge chronologique, doit être faite avec précaution. En effet, le retard n'est pas le même dans tous les secteurs du développement. Plus précisément, il est moindre pour les tâches psychomotrices, mais plus important pour les tâches spatio-temporelles.
En outre, le déficit intellectuel s'accompagne d'un certain déficit social, qui se manifeste notamment par l'égocentrisme, la suggestibilité, la rigidité et la difficulté à s'adapter à des situations nouvelles.


Le diagnostic de la débilité

Le diagnostic de débilité se fait à partir de tests d'intelligence générale, construits de telle manière qu'un individu moyen ait un quotient d'intelligence (Q.I.) de 100 et que 2% environ de la population ait un Q.I. inférieur à 70. La validation externe des résultats à ces tests se fait principalement par la réussite scolaire. Aussi, un constat de débilité, à partir de tels critères psychométriques, pose le problème de l'étiologie et du pronostic. Pour un certain nombre de cas, où la débilité est souvent profonde (Q.I. compris entre 30 et 50), l'origine organique peut être mise en évidence.
En revanche, dans les cas de débilité légère, dont le diagnostic se fait le plus souvent après l'entrée dans la scolarité obligatoire, différentes hypothèses peuvent être faites:

  • Il existerait une débilité endogène, liée à la transmission génétique des aptitudes (et inaptitudes) intellectuelles.

  • La débilité serait la conséquence de circonstances environnementales néfastes. En effet, elle est plus fréquente dans les milieux économiquement, socialement et culturellement défavorisés.

Par ailleurs, les mécanismes de construction d'une telle débilité sont multiples et intriqués:

  • malnutrition,
  • manque de stimulation,
  • manque de prédictibilité des événements,
  • manque d'issues positives aux initiatives et aux tentatives d'autonomie.

Même si l'équipement génétique de ces enfants peut être mis en cause, les facteurs environnementaux peuvent lourdement majorer les facteurs génétiques.
Enfin, la notion de débilité inclut l'idée de permanence et d'irréversibilité. Pourtant, la constance du Q.I. dépend du soutien, cognitif et affectif, donné aux débiles pour s'insérer dans la société. En effet, certains débiles scolaires ne sont plus débiles par la suite, pour autant que les conditions de leur épanouissement aient été trouvées. C'est dire l'importance d'une éducation spéciale, qui amène les débiles à maîtriser certains apprentissages fondamentaux (lecture, rudiments de calcul) et à apprendre un métier qui leur permette d'être indépendants à l'âge adulte.


Les causes de la débilité

Les causes retrouvées peuvent se situer avant ou après la naissance. Ainsi, les causes anténatales possibles sont:

  • Les encéphalopathies progressives par atteintes héréditaires d'un système enzymatique. La plus connue est la phénylcétonurie, qui est dépistée par le test de Guthrie et évitable par un régime pauvre en phénylalanine.
  • Les encéphalopathies endocriniennes: ce sont des causes de débilité de degrés divers.
  • Les aberrations chromosomiques: c'est le cas, par exemple, des trisomies 21. Elles représentent un déficient mental profond sur cinq.
  • Certaines embryofotopathies: c'est la cas de la rubéole. Elles associent des anomalies visuelles, auditives et cardiaques à l'atteinte intellectuelle.
  • Les intoxications par le tabac et l'alcool: elles favorisent la souffrance fœtale avec un retard de croissance et une prématurité.

Les causes possibles après l'accouchement sont:

  • Les méningites: elles sont source de convulsions et sont parfois à l'origine de lésions cérébrales définitives.
  • Les encéphalopathies aiguës: cette atteinte neurologique n'est que très rarement retrouvée chez les enfants débiles moyens et légers.

Le dépistage de la débilité

Les études épidémiologiques mettent en évidence, chez ces enfants, les facteurs affectifs, les carences socioculturelles, l'absence de stimulation par l'entourage et le rôle souvent néfaste de mesures ségrégatives prises trop tôt. Certains d'entre eux présentent des troubles psychiatriques comme les psychoses infantiles déficitaires, les dysharmonies évolutives ou les troubles névrotiques.
Le dépistage précoce de ces troubles et la mise en oeuvre de prises en charge, en particulier psychothérapiques, permettent d'éviter ou de retarder la débilisation, qui conduit à une déficience harmonique, c'est-à-dire à un mode de fonctionnement mental figé, pris dans des traces préétablies. Ces thérapies psychanalytiques ont permis de mieux comprendre la dynamique psychique des enfants déficients et d'évaluer l'importance des mécanismes d'identification de l'enfant à ses parents.


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