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La définition de Arriération mentale


L'arriération mentale désigne une carence d'intelligence congénitale ou précocement acquise. Elle se caractérise par un fonctionnement intellectuel global significativement inférieur à la moyenne générale de la population, associé à des déficiences des conduites adaptatives entraînant une incompétence sociale, ou une incapacité de s'adapter correctement aux exigences du milieu.


Le retard de développement intellectuel

La dimension de l'arriération, relative au retard intellectuel, correspond à la classification traditionnelle reposant sur la mesure du quotient d'intelligence grâce à l'échelle métrique d'intelligence créée en 1905 par Alfred Binet et Théodore Simon. On définit le niveau intellectuel comme une variable définie par le quotient, exprimé par un nombre, de l'âge mental par l'âge chronologique et donc théoriquement égal à 100 chez le sujet normal (et supérieur à 100 chez les sujets « doués »). On distingue alors:

  • Les arriérés profonds: leur Q.I. reste inférieur à 30. Ce sont les idiots décrits par Jean-Etienne Esquirol, qui n'ont ni langage, ni contrôle sphinctérien suffisant, ni autonomie psychomotrice. Ainsi, réduits à une vie végétative, ils sont totalement dépendants du milieu et parfois grabataires.

  • Les débiles profonds: leur Q.I. se situe entre 30 et 50. Ce sont les classiques imbéciles ou crétins, qui n'ont qu'un langage rudimentaire et ne sont que partiellement éducables.

  • Les débiles moyens: leur Q.I. se situe entre 50 et 70. Ils sont susceptibles d'une certaine autonomie et sont semi-éducables. Ils présentent souvent de gros troubles de la compétence sociale et une grande instabilité caractérielle.

  • Les débiles légers: leur Q.I. va de 75 à 85. Ils sont éducables dans le cadre d'une scolarité spécialisée et peuvent acquérir une autonomie sociale. Ainsi, ils sont capables d'apprendre un métier simple et de l'exercer correctement si les conditions du milieu ne sont pas trop exigeantes.

Une notion critiquée

Cette dernière catégorie (les débiles légers) a été l'occasion de critiquer la notion d'arriération, dont la limite supérieure paraissait surtout liée à des critères sociaux. En effet, selon cette considération, une société aux normes scolaires plus élevées risque de sécréter plus de débiles qu'une autre. Et il est certain que la loi de Jules Ferry, en rendant l'école obligatoire pour tous, a fait apparaître une population d'enfants inadaptés scolaires qui, jusque-là, s'adaptaient fort bien à un milieu professionnel analphabète. C'est pourquoi une classification des arriérations mentales par le quotient d'intelligence est à la fois arbitraire, inexacte et insuffisante.
Aujourd'hui, une meilleure connaissance génétique et neurobiologique et psychologique permet de mieux comprendre certaines formes organiques ou psycho-génétiques de déficience, et donc, de les prévenir et de les traiter plus efficacement. En outre, une analyse critique du milieu familial et institutionnel où vit l'enfant arriéré a souvent su éviter cette débilisation secondaire qui s'avère si néfaste pour son avenir.


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