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(Mise à jour: Février 2015)

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Quand la représentation corporelle proprioceptive présente des anomalies...


Alors que nous portons beaucoup d'attention à nos cinq sens (la vision, l'olfaction, le toucher, le goût et l'audition), nous en accordons beaucoup moins à d'autres type de sens qui, pourtant, jouent un rôle essentiel dans nos expériences corporelles. Il s'agit de nos "sens internes", relatifs à l'état de notre corps.
Ces perceptions internes correspondent à l'intéroception (perception de la température corporelle, de la fatigue, de la faim, etc...), mais aussi à la proprioception (perception de la position du corps, sens de l'équilibre, du mouvement, etc...).
Aussi, notre représentation mentale de ces sensations corporelles proprioceptives peut parfois se distinguer de la réalité physique et nous induire en erreur...


Quels types de sensations corporelles erronées peut-on avoir?

Ces sensations corporelles qui ne reflètent pas la réalité physique varient selon la perception interne affectée. Par exemple, si la nociception (perception de la douleur) est affectée, cela peut déclencher une sensation de douleur qui n'a pas lieu d'être. C'est le cas de la plupart des personnes amputées: elles continuent à ressentir une douleur au niveau du membre qui n'existe plus. Ce phénomène est appelé "le membre fantôme".

En somme, un dysfonctionnement proprioceptif peut entraîner différents troubles tels que l'alloesthésie, l'autotopagnosie ou le syndrome de Gerstmann:

  • L'alloesthésie se caractérise par un phénomène miroir: ces personnes localisent des stimulations effectuées sur une partie de leur corps au niveau du côté opposé.
  • L'autotopagnosie se manifeste par une incapacité de nommer les parties de leur corps. Les individus atteints de ce trouble indiquent souvent des parties adjacentes ou ayant une fonction équivalente à celles pointées (par exemple, la bouche au lieu du nez ou le genou au lieu du coude).
  • Le syndrome de Gerstmann de caractérise par une difficulté à distinguer le côté droit du côté gauche de son corps ou encore à reconnaître des parties du corps et les nommer.

Ces troubles de la perception proprioceptive sont généralement provoqués par des lésions cérébrales.


Les anomalies de localisation des sensations corporelles peuvent-elles évoluer?

L'homoncule de Penfield représente les zones du corps pourvues de récepteurs sensitifs.Plus la partie du corps en contient, plus sa zone corticale est étendue.Ces dysfonctions peuvent effectivement s'améliorer grâce à la plasticité cérébrale.
Plus précisément, la représentation des différentes parties du corps dans le cerveau se situe au niveau des aires motrices et sensitives primaires. L'homonculus de Penfield illustre cette représentation où chaque partie du corps occupe un espace particulier, plus ou moins grand selon la densité des récepteurs sensoriels sur cette région corporelle.

Aussi, cette projection du corps sur le cerveau est flexible et dynamique. En effet, une interruption d'informations provenant d'une partie du corps provoque une réduction de l'espace cérébral correspondant. Au contraire, si l'on stimule de façon répétée une zone particulière du corps, sa zone corticale va s'étendre.

Ainsi, grâce à cette plasticité cérébrale, il est possible de réduire certaines affections. C'est le cas, par exemple, des membres fantômes. La thérapie par le miroir permet de coloniser progressivement la zone corticale correspondant au membre disparu et ainsi d'estomper la douleur.


Inspiré des travaux de Frédérique de Vignemont.



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