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La définition de Ajustement


L'ajustement désigne l'ensemble des modifications de l'organisme destinées à le rendre mieux adapté à son environnement.


L'ajustement ontogénétique

Il s'agit d'une adaptation transitoire aux situations particulières rencontrées au cours de la vie. Cette expression, proposée par Delage et Goldsmith en 1912, désigne aujourd'hui des adaptations qui n'ont pas nécessairement d'effet sur le cours du développement. Si elles sont qualifiées d'ontogénétiques, c'est à la fois parce qu'elles apparaissent comme des moments bien délimités dans le décours temporel des transformations qui affectent l'organisme et la personnalité (notamment au cours de l'embryologie et de la prime enfance, c'est-à-dire à des périodes où le rythme des changements est rapide) et parce que, obéissant à un principe de conservation, elles contribuent à la survie. On conviendra que, dans cette acception, l'adjectif ontogénétique apparaît peu explicite et même ambigu. En fait, il s'agit de phénomènes transitoires qui peuvent être aussi bien morphologiques, biochimiques, physiologiques que nerveux et comportementaux. Aussi, ils ont pour caractères distinctifs principaux de répondre à des besoins immédiats et de s'éteindre, ou de disparaître, pour laisser place à d'autres formes d'adaptation, dans lesquelles on ne retrouve généralement pas leur trace.


L'ajustement ontogénétique dans l'embryologie

On remarque, dans l'embryologie de tous les êtres organisés, des traits de ce type. Par exemple, chez les vertébrés supérieurs, on observe des migrations cellulaires massives de la gastrula, la formation de la plaque neurale à partir du chordomésoderme et la présence de branchies. La surproduction et la mort de cellules, dans de nombreuses régions du système nerveux central, constituent des phénomènes antagonistes mais normaux de l'épigenèse.
Un exemple d'ajustement transitoire, à la fois morphologique et fonctionnel, a été noté dans le développement du cervelet: des cellules gliales apparaissent très tôt dans le cervelet des Primates. Selon Rakic (1975), elles guideraient la migration des cellules granulées, et elles contribueraient ainsi à la formation des couches granulaires profondes. Lorsque celles-ci sont constituées, les cellules gliales se différencient en astrocytes et assurent, alors, d'autres fonctions. On a également de nombreuses raisons de penser que les contacts entre neurones, établis précocement, ont une fonction trophique étrangère à leurs fonctions ultérieures.


L'ajustement ontogénétique au plan du comportement

Au plan du comportement, les ajustements ontogénétiques repérés ou présumés représentent, pour la plupart, des adaptations fonctionnelles. Ainsi, la diminution des mouvements fœtaux, dans les dernières semaines de la gestation, chez les mammifères, ne semble pas due à des changements de mécanismes, mais semble constituer une préparation à la naissance. Certains réflexes du nouveau-né, voués à une disparition plus ou moins rapide et qualifiés d'archaïques, seraient à compter parmi les ajustements transitoires: on tend aujourd'hui à considérer le réflexe de Moro comme une réponse d'équilibration à une sensation de vection.
Il en est de même des réactions rythmiques, qui, elles, persistent tout au long de la première année. C'est la cas du pédalage. Cette réaction s'interpose très fréquemment, et de façon immédiate, entre l'apparition d'un stimulus attractif (par exemple, le biberon) et la réponse adaptée (par exemple, saisir la bouteille, ouvrir la bouche) et pourrait servir de régulateur du niveau d'activation.
Les imitations réciproques et la synchronie des actions entre pairs constituent un mode d'interaction sociale spécifique aux enfants de 2 à 3 ans, qui cède ensuite le pas à d'autres formes d'échange. Les éthologistes, sensibles aux aspects spécifiques des différents milieux auxquels l'individu est confronté dans sa vie, ont attiré l'attention sur ces phénomènes transitoires. Cependant, une notion aussi finaliste que celle d'ajustement ontogénétique suscite à la défiance, en raison des difficultés de la contrôler ou de la réfuter.


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