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Une école idéale - Partie 3

(L'humanité nouvelle : revue internationale : science, lettres et arts

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Les sciences naturelles sont le point essentiel des études; elles sont enseignées autant que possible d'après nature. La botanique, par exemple, par laquelle commencent les plus jeunes est enseignée à l'aide de plantes naturelles. Fleurs et feuilles sont recueillies par les enfants eux-mêmes dans les sentiers et les champs, etc. Tous ces élèves ont aussi leur propre jardinet à cultiver et elles aident toutes à tenir en ordre le jardin commun.

La zoologie suit la botanique et les plus âgées des élèves finissent par la physiologie et l'hygiène. Pourtant on ne peut pas dire qu'il y ait une stricte ligne de démarcation entre ces études. Ainsi notre petite fille de 8 ans, après sa première année, très forte sur le nom des fleurs des champs, sur leur structure, ou leur classe, etc. , « ne jetterait pas un peu de l'eau où il y a eu des fleurs avant d'y rechercher les traces de vie animale qui ont pu s'y développer ». Ses connaissances des animaux et de leurs habitudes sont très nettes. Sa manière de parler des parties de son corps, des habitudes nécessaires à entretenir la santé et la force, donne l'idée que toutes les branches sont traitées, au moins d'une façon rudimentaire, dès le commencement.

Ajoutez à l'enseignement théorique relatif à l'hygiène, une attention pratique donnée à l'hygiène du costume, aussi bien qu'à l'exercice et à l'alimentation. Les élèves et les maîtresses portent un costume léger, commode et hygiénique. Il est de flanelle ou de tissu tout laine. — Il est défendu de se serrer le corps, d'aucune façon; point de cols, de ceintures, de corsets hauts et étroits. Ce costume se compose d'une simple blouse, actuellement brune, allant de la nuque jusqu'au-dessous du genou. C'est un modèle très en usage en Angleterre pour les enfants jusqu'à dix ans. Les petites filles de 5 à 6 ans la porte libre. Les plus âgées, jusqu'aux jeunes femmes de 20 ans, ont une ceinture de même étoffe qui l'ajuste commodément à la taille. Sous la blouse, elles portent toutes des pantalons de même étoffe, fermés aux genoux. Les jupons sont tout à fait supprimés.

Ce costume leur laisse la liberté des membres, leur donne la grâce, et fait qu'il est difficile de reconnaître par la tournure l'âge de ces jeunes femmes. Celles de 19 ou 20 ans peuvent facilement être confondues avec celles de 14 à une petite distance. Le cou nu se dégageant du col plat, rabattu, donne de la dignité au port de la tête. On est très soigneux pour la chaussure: bas de laine, souliers hygiéniques, pas de bottines, voilà la règle. Beaucoup portent des sandales. Pendant la gymnastique on porte des pantoufles molles et souvent même point de chaussure.

Dans le champ de criket, dans le jardin, on se passe avec une étonnante facilité de manteaux, de jaquettes, de chapeaux, même des coiffures larges portées de préférence.

Etant de longues heures en plein air et dans des chambres toujours largement aérées, ces jeunes filles sont bientôt aguerries et préfèrent se débarrasser de tout ce qui est une entrave à la liberté de leurs mouvements.

Dans le costume des garçons, il n'y a naturellement ni cols ni manchettes raides. Un pantalon, une blouse ou jaquette commode, laissant le cou libre et découvert autant qu'il est convenable. La différence de ce costume avec celui déjà porté par les garçons n'est rien en comparaison de celle apportée dans celui des jeunes filles: le costume masculin est déjà beaucoup plus hygiénique, beaucoup plus confortable que celui des femmes.

Du reste, il faut ajouter que rien n'est forcé dans cette école. Il peut arriver qu'une jeune femme y entre à un âge où son goût est déjà formé; alors, si elle le préfère, elle peut continuer de porter le costume ordinaire, d'une coupe simple. Il arrive parfois que des parents trop conservateurs ne désirent pas que leurs enfants adoptent le costume; dans ces cas, que Miss Clark déplore cependant, elle n'insiste pas. Pourtant aucun observateur impartial ne peut s'empêcher de remarquer l'énorme avantage qui résulte pour ceux qui adoptent le costume hygiénique.

Pour voir l'immense différence entre l'aisance et la grâce des mouvements dans ce costume, on ne peut mieux faire que d'observer une nouvelle venue qui n'a pas encore reçu son costume de promenade et de jeu et de la regarder au milieu des fortes et gracieuses jeunes femmes qui se meuvent à ses côtés. La malheureuse a l'air de se traîner difficilement sous le fardeau de son costume conventionnel. Les autres rappellent les véritables jeunes amazones, fortes, libres, légères, avec une parfaite possession d'elles-mêmes. Voyez-les marcher, courir, se balancer, jouer au criket, faire de la bicyclette, nager, monter, grimper, etc... Là, est l'aurore du jour de la liberté pour les femmes, alors qu'elles ne voudront plus être les esclaves d'un costume servile, mais indépendantes, ne relevant que d'elles-mêmes, raisonnables et amies de la sagesse, en même temps sympathiques, capables et cultivées.

Les salles d'études sont suffisamment grandes, simplement et commodément installées, pourvues de tous les objets nécessaires au degré d'instruction donnée dans chacune d'elles et toujours bien aérées. Chaque enfant a son pupitre à lui, et tous sont responsables de l'ordre général dans les salles aussi bien que de leur propriété individuelle. Une chambre est installée comme gymnase, avec tous les appareils.

Les chambres à coucher ne sont pas de grands dortoirs, mais elles ont les dimensions de celles d'une bonne maison anglaise. Les parquets sont cirés; il n'y a pas de carpettes, si ce n'est, lorsqu'on les demande, de jolis petits tapis. Chaque élève a son lit dont la literie est tout à fait simple. Une grande attention est donnée au bon goût des choses environnantes; ainsi les papiers de tentures sont choisis d'après la situation de la chambre, gais et chauds du côté nord, quelque chose de plus frais, de plus froid du côté sud. Il y a des chambres de bains en grande quantité sans compter les baignoires usuelles en métal, si communes dans les chambres à coucher de la classe moyenne en Angleterre. On donne une scrupuleuse attention au blanchissage, au lavage et en général à la propreté, à la netteté des vêtements personnels.

Le premier déjeuner est à 9h30 du matin toute l'année; il se compose de: corridge (sorte de bouillie d'avoine), jambon aux œufs, etc .. pain, thé, lait, café et cacao. Vers 11 heures on prend une légère collation consistant généralement en pain, beurre et lait. Le dîner est à 1h15. Le thé, un thé substantiel, à 6 heures 15 du soir. La table, enfin, est comme on peut la trouver dans une bonne famille de classe moyenne en Angleterre. Les mets sont nourrissants, mais simples, bien préparés et suffisamment variés pour satisfaire tout le monde et ne pas devenir monotones. Il y a quelques élèves qui sont végétariens, tandis que d'autres, d'après le désir de leurs parents, reçoivent de la viande deux fois par jour.

Pour terminer, je dirai que dans l'enseignement, la connaissance de ces occupations appelées devoirs domestiques, de ménage, de couture sont pris en considération. Ils sont régulièrement enseignés par des maîtresses capables, pendant que l'habileté de l’œil et de la main est développée par un travail manuel quelconque, la sculpture du bois par exemple. Plusieurs heures sont journellement passées en plein air.

Il est évident maintenant qu'avec une vie si remplie d'études et d'occupations si variées, sous la direction de Miss Clark et de ses aides dévoués, filles et garçons, car il y en a aussi, ne peuvent manquer d'accroître et de développer leurs capacités dans le sens le plus large.

Il n'est pas nécessaire d'ajouter que cette école n'est pas populaire. Le philistin la regarde de haut; le croyant est effrayé de tant de liberté de pensée; l'autoritaire n'a pas de confiance dans un système d'éducation dont le but est d'enseigner aux enfants à trouver en eux-mêmes leur propre loi. Donc, le succès de cette institution dépend de l'appui qu'elle recevra des amis de la liberté, des rationnalistes, des éclairés.



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