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Une école idéale - Partie 2

(L'humanité nouvelle : revue internationale : science, lettres et arts

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Nulle part, dans nos nombreuses années d'enseignement, nous n'avons vu le sentiment de la responsabilité personnelle plus effectivement éveillé, et certainement nulle part nous n'avons rencontré plus de joie réelle dans les études et les occupations de la vie scolaire. Il n'y a pas de surveillance des maîtres pendant les heures d'études préparatoires, ni de punitions pour les leçons non préparées; mais l'élève qui dérange les autres pendant les heures d'études est aussitôt repris par ses camarades. Et pour citer les propres paroles de Miss Clark: « J'ai quelquefois de la peine à les faire sortir lorsque l'heure de la leçon est finie. » Ce n'est pas une chose rare qu'une classe demande de continuer la leçon lorsque la cloche sonne pour un changement quelconque.

Bref, il est évident que le texte du programme de l'école est exact lorsqu'il dit, quant à l'éducation morale: Nous désirons que nos filles se développent en liberté, qu'elles soient naturelles, pleines d'espérance et fortes, sympathiques et serviables. C'est dans ce but que nous nous efforçons de les éclairer, de les développer par une encourageante liberté de pensée sur chaque sujet.

Etant libres, elles ont la bonne volonté; n'ayant rien qui les forcent à faire ce dont elles ne sont pas encore capables, elles étudient et travaillent avec la joie de la puissance qui se sent croître; ajoutez à cela que les méthodes d'après lesquelles on leur enseigne sont les plus vivantes, les plus pratiques, les plus rationnelles connues.

Les élèves sont admis depuis l'âge de 5 ans. Les garçons doivent entrer avant 10 ans. Il n'y a pas de limite d'âge pour la sortie de l'école. Depuis sa fondation deux élèves seulement en sont sorties. L'une étudie la musique au Collège de Bedford, à Londres; l'autre est professeur dans un Kinder-Garten (Jardin d'enfants).
L'année scolaire est divisée en trois parties: 1° de mi-janvier à mi-avril; 2° du 1 mai à fin juillet; 3° de mi-septembre à mi-décembre ou Noël. Pour la pension et les leçons le prix annuel est de 50 guinées (1312 fr. 50) pour les fillettes au-dessous de 12 ans et de 60 guinées (1575 fr.) pour les jeunes filles au-dessus de 12 ans. Pour les leçons seules les prix sont respectivement 315 et 393 fr. 75 par an. Il est à noter d'ailleurs qu'il y a des suppléments pour la danse, le dessin, etc.

L'école comporte trois divisions ou degrés de travail intellectuel. Les cours comprennent l'enseignement de la langue anglaise, le français, le latin, l'allemand, l'histoire, la géographie, l'astronomie élémentaire, l'hygiène, la botanique, la physiologie, l'histoire naturelle, la physique, l'arithmétique, la géométrie, l'algèbre, le dessin linéaire et d'ornement, le dessin, la peinture, la sculpture sur bois, la théorie de la musique, le chant, le piano, la gymnastique, la danse, l'escrime, la natation, les jeux divers, les travaux domestiques (couture, tenue de maison, etc ), le jardinage. Les sujets d'étude sont choisis d'après la capacité et le degré de développement des élèves. Jamais tous les sujets ne sont pris dans un même trimestre. On donne une attention toute particulière à chaque élève, de sorte qu'il n'y a pas de limites strictes quant à la quantité de matières et au nombre des sujets enseignés chaque année. Les maîtres adaptent leur enseignement aux circonstances, quoique l'on enseigne certains sujets à tous les élèves aptes à les comprendre.

Non seulement certaines études faites dans cette école ne peuvent pas être faites dans les écoles ordinaires, mais d'autres y sont faites beaucoup plus tôt d'une manière tout-à-fait satisfaisante. Par exemple, aux petits de 7 à 8 ans, on lit des poésies choisies et on les leur explique de manière à faire revivre les événements et à provoquer chez eux des images mentales. On leur demande alors de représenter par le dessin, sur du papier, les scènes dépeintes.

Accidentellement, on passe des examens sur certains sujets à la fin du trimestre, comme preuve des connaissances acquises.

John Farmer, l'inventeur d'un système spécial d'enseignement musical, a visité l'école et a examiné tous les élèves; il a trouvé jusqu'à présent les résultats très satisfaisants.

Il y a une bibliothèque pour les élèves; elle renferme 217 volumes de littérature modèle pour tous les âges, à partir de 5 ou 6 ans. Parmi les auteurs qui s'y trouvent, citons: Ruskin, Kingsley, Scott, I.A. Pouchet, Hawthorn, Dickens, H. Martineau, A. Montefiore, Thos More, Clodd Carlyle, Tolstoï, etc., etc., etc.

Comme variétés, il y a depuis les Contes de fées de Grimm, les Légendes Finnoises, jusqu'à Ivanhoé, les Enfants perdus et autres contes analogues de la vie anglaise, par Mmes Mabesworth et Ewing, jusqu'à Virgile et la Case de l'Oncle Tom.

Les heures fixées pour les études, pour les leçons, ou pour les récréations à l'intérieur ou au dehors, sont réglées rationnellement, comme dans une famille bien ordonnée où la vie est régulière, où une attention sérieuse est donnée aux occupations des enfants quant au temps et aux saisons, etc... Pendant l'hiver, les élèves font leurs promenades ou leurs sports de plein air aux heures les plus propices, généralement de 2 à 4 heures du soir, plus quelque temps le matin. En été, elles partent tout de suite après le déjeuner du matin; quand il fait beau, elles font la gymnastique en plein air. Le plus long laps de temps continu passé dehors est de 4 à 6 heures après midi. Souvent, en été, on peut entendre leurs cris joyeux dans le jardin ou dans les champs lorsque, jouant sur la balançoire ou à quelque jeu bruyant, elles aspirent leur « dernière bouffée d'air » avant de rentrer.

Les sports sont également choisis d'après les saisons: en été, cricket, etc.; en hiver, hockey; puis de gaies promenades. Ces dernières ne se font jamais à la manière des pensions, en marchant deux à deux, mais en groupes qui se forment d'après les goûts qui rapprochent les élèves. Tous courent, jasent, s'acharnent à la recherche de quelques plantes, etc.; c'est une bruyante et joyeuse réunion d'êtres qui tirent toute la joie qu'il est possible de prendre de leur charmante et jeune vie.

Lorsque, comme cette année, le temps est très variable, parfois venteux et froid, chaud et étouffant, le jour et l'heure des sports ou de la baignade à la mer sont changés. Ainsi, lorsqu'il fait chaud et lourd, elles vont sur le rivage pour prendre leur bain; les unes traînant tout l'attirail pour dresser la tente qui sert de cabine, d'autres à bicyclette. Lorsque la tempête est soudaine, l'heure d'étude du soir peut être changée; elles travaillent avant l'heure ordinaire dans l'espoir de sortir dès que l'orage sera passé. Malgré tout, une stricte ponctualité est observée, les leçons et occupations de l'intérieur sont soigneusement alternées, tout est fait avec discernement. Aucune discipline inutile, rien de purement conventionnel ne règle l'ordre; c'est, comme il a été dit plus haut, la raison majeure qui fait le caractère familial et communiste de l'établissement.



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