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(Mise à jour: Mai 2014)

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A quoi sert la culpabilité ?


Culpabiliser est une émotion sociale ressentie suite à une action malveillante commise envers autrui. Éprouver du remord permet de tenter de réparer son erreur et suscite des comportements d'entraide.La culpabilité est une émotion sociale déclenchée par un tort causé à autrui, par la transgression d'une norme sociale, etc... Se sentir coupable est un sentiment désagréable qui implique une certaine anxiété, une agitation et une tension interne. Pourtant, la culpabilité est fondamentale dans les relations sociales.


Pourquoi la culpabilité est-elle socialement utile?

Le fait de culpabiliser et chercher à réparer le tort commis est utile aux liens sociaux pour diverses raisons. En voici les principales:

  • En manifestant sa culpabilité envers la victime, on prouve que l'on est vraiment impliqué dans la relation que l'on entretient avec cette personne et que l'on est affecté par ce qu'elle ressent.

  • Présenter des excuses ou chercher à réparer le mal commis contribue à pacifier les relations sociales.

  • Anticiper l'effet d'une action mal intentionnée et imaginer la culpabilité ressentie par la suite, peut permettre d'éviter une telle action.

Ainsi, la culpabilité nous conduit à adopter des comportements altruistes envers la victime et lorsque la faute semble impossible à réparer, nous détournons ces comportements bienveillants vers des inconnus, afin de soulager notre conscience.


La culpabilité est-elle essentielle au sens moral?

Tout d'abord, il faut souligner que pour éprouver de la culpabilité, il est indispensable d'être capable de ressentir ce que les autres ressentent, c'est-à-dire d'avoir de l'empathie. Aussi, le sentiment de culpabilité repose sur une autoévaluation de notre niveau de moralité. Cela nécessite de se sentir responsable des conséquences de ses actes et requiert une certaine connaissance sur la façon de se comporter afin de pouvoir juger son propre comportement.
En somme, la culpabilité serait une sorte d'empathie plus complexe, impliquant une dimension morale. D'ailleurs, les statistiques révèlent que plus un individu à tendance à se sentir coupable et moins il adopte de comportements antisociaux. A l'inverse, les études sur les psychopathes montrent qu'ils ne semblent éprouver aucun sentiment de culpabilité, ni même d'empathie.

Pour autant, peut-on affirmer qu'une personne qui ne se sent jamais coupable est forcément dénuée de sens moral? Certains l'affirment, d'autres en doutent...


Inspiré des travaux de Laurent Bègue et de Frédérique de Vignemont.



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