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Juin 2012 (Mise à jour: Mai 2014)

Quand la démarche révèle la personnalité...


On peut facilement associer la démarche aux traits de personnalité, en fonction de l'amplitude des mouvements au niveau des hanches, des épaules...Outre le fait de se déplacer, les mouvements de la marche fournissent d'importants renseignements aux autres. Plus précisément, la démarche peut être considérée comme un sorte de langage: la façon de se mouvoir fournit des indices plus ou moins subtiles aux observateurs, leurs permettant ainsi de déterminer des caractéristiques corporelles telles que l'âge et le sexe du marcheur, mais aussi certains aspects de sa personnalité tels que son tempérament, sa sociabilité, son statut de dominant ou de dominé, son état émotionnel...


Quel est précisément ce langage de la marche?

Pour étudier la démarche, les psychologues comportementalistes utilisent la technique dite des mouvements de points lumineux. C'est un système qui permet de modéliser une démarche sous forme de petites lampes fixées au niveau des articulations (poignets, chevilles, genoux, épaules, coudes et hanches). Ainsi, ni la taille, ni la forme du corps ne peuvent être perçues.
Les expériences montrent que la seule observation de ces points lumineux permet aux spectateurs de repérer différentes caractéristiques corporelles et personnelles associées à tel ou tel type de démarche. Voyons en détails ces associations "mouvements-personnalité":

  • Le sexe: les mouvements des hommes sont plus amples au niveau des épaules, tandis que ceux des femmes sont plus amples au niveau des hanches.

  • L'âge: le vieillissement tend à ralentir les mouvements et à réduire leur amplitude ainsi que leur souplesse.

  • L'attitude soumise ou dominante: une personnalité plutôt soumise ou vulnérable tend à se mouvoir par petites enjambées, par de faibles balancements des bras et par une façon prudente de poser le pied sur le sol. Au contraire, la démarche d'une personne plus sociable et sûre d'elle se caractérise par des enjambées et des mouvements des bras plus amples, ainsi que par une attaque du talon sur le sol plus prononcée.

  • L'état émotionnel: les indices déterminants semblent être la fluidité et la vélocité dans les rotations des épaules et du bassin au moment des changements de direction (par exemple, lorsque l'on tourne au bout d'un couloir). Les émotions positives tendent à augmenter cette fluidité et à accélérer les mouvements liés au changement de direction, tandis que les émotions négatives tendent à ralentir et à réduire la fluidité des mouvements lors des changements de direction.

Ce langage de la marche a-t-il une fonction?

Certains psychologues suggèrent que la démarche aurait constitué un protolangage, c'est-à-dire une communication instantanée et implicite, avant même l'apparition du langage oral, dont le rôle était de fournir des renseignements sur la personnalité et les intentions d'autrui. Par exemple, on peut supposer que nos ancêtres encore dépourvus de langage, devaient être en mesure de repérer à distance le sexe, le statut social et le degré de dominance de l'autre, lorsqu'ils recherchaient un partenaire pour se reproduire, ou au contraire, pour pouvoir prendre leurs précautions en cas de rencontre inopinée.

Ainsi, nous serions le produit d'une longue évolution encore marquée par d'anciennes méthodes de communication...


Inspiré des travaux de Nicolas Gueguen.



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