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Juin 2012 (Mise à jour: Mai 2017)

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Mieux comprendre nos erreurs


"Errare humanum est" (l'erreur est humaine). Certains réflexes de notre pensée peuvent biaiser notre capacité de jugement et de prise de décisions. Ce sont les erreurs systématiques.Être persuadé d'avoir raison, n'est pas si rare... Pourtant, cette certitude ne repose pas toujours sur des faits réels. Au contraire, elle est généralement subjective!
Aussi, mieux comprendre les causes les plus fréquentes de nos erreurs permet d'esquiver quelques pièges.


Quelles sont les sources d'erreurs les plus courantes?

Les erreurs systématiques sont très variables et très nombreuses (il en existerait une centaine). Toutefois, certaines sont plus fréquentes que d'autres. Voici les principaux biais cognitifs susceptibles de nous induire en erreur:

  • Les préjugés: notre tendance à simplifier est très efficace pour traiter très rapidement de nombreuses informations et effectuer des raisonnements inductifs tels que: "Un vélo a deux...", où "roues" survient de façon automatique. Éviter ainsi de passer en revue toutes les réponses possibles (pédales, freins...) est une économie de temps et de ressources cognitives non négligeables. Mais ce type de raisonnement automatique risque aussi de favoriser les stéréotypes. Par exemple, il est très probable que l'on soit surpris en découvrant que le garagiste avec qui l'on a pris rendez-vous au préalable, soit finalement une femme. Ainsi, même si la généralisation présente de nombreux avantages, elle peut aussi devenir indésirable.

  • Le biais de l'impact: il est lié à notre tendance à surestimer l'intensité émotionnelle conjointe aux événements qui découleront d'une prise de décision. Prendre une décision sur la base de son intuition n'est pas systématiquement source d'erreur, bien au contraire! Cependant, réussir à évaluer l'impact émotionnel que déclencheront les événements liés à cette prise de décision est très difficile. C'est généralement de cette difficulté qu'émanent nos erreurs. Par exemple, lorsqu'une chose agréable nous arrive, nous avons le sentiment que ce bonheur va durer. A l'inverse, un événement négatif tend à déclencher en nous, le désespoir. Ainsi, l'écart entre notre prévision et notre satisfaction (ou notre déception) réelle est généralement assez grand.

  • L'erreur de confirmation: il s'agit de notre tendance à chercher le soutien d'autrui, plutôt que de nous remettre en cause. En effet, nier ces erreurs exacerbe la conviction d'être influent et renforce l'estime de soi.

  • Le piège de l'anecdote: il se réfère à notre tendance à préférer les appréciations personnelles, aux faits ou aux chiffres. Ce biais d'évaluation peut facilement s'observer lors d'un achat singulier: nous accordons généralement plus d'importance aux commentaires de différents acheteurs ou de nos amis, qu'aux caractéristiques détaillées du produit ou aux informations factuelles fournies par les associations de défense des consommateurs.

Mais l'erreur peut également être utile

L'erreur est une conséquence naturelle de notre fonctionnement cérébral et la certitude de ne pas se tromper consolide la confiance en nos propres capacités. Ce sentiment est indispensable pour effectuer les nombreux traitements, raisonnements et gestes quotidiens. Sans cette certitude, nous ne pourrions peut-être pas faire la cuisine, conduire ou même traverser une route!

Aussi, pour que l'erreur soit utile, il est nécessaire d'avoir suffisamment de temps pour la reconnaître et y réfléchir. En effet, commenter immédiatement l'erreur qu'un apprenti vient de commettre s'avère inefficace. Ce dernier intégrera mieux les explications fournies, après avoir tenté d'identifier et d'analyser son erreur.


Inspiré des travaux d'Anna Gielas.



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