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La science : figure d'autorité culturelle


La science est reconnue comme une véritable figure d'autorité culturelle en Europe à laquelle la majorité de la population est prête à se soumettre.Malgré quelques signes de scepticisme vis-à-vis de la science dans la population générale, les enquêtes montrent que la science reste aujourd'hui la première autorité culturelle en Europe. Ainsi, les gens continuent d'accorder leur confiance aux chercheurs et aux institutions, et placent la science comme l'une des principales autorités culturelles.

D'ailleurs, suite à la célèbre expérience de Milgram qui a montré, dans les années 1960, qu'une large majorité de personnes acceptent de délivrer des chocs électriques mortels à un individu quand un scientifique en donne l'ordre, d'autres études ont tenté de mettre en lumière ce qui induit d'une telle soumission à l'autorité.


Le concept "d'état agentique" suffit-il à expliquer ce phénomène ?

Pour expliquer un tel degré de soumission à l'autorité, Milgram suggérait que lorsqu'un individu se définissait de telle façon qu'il acceptait le contrôle total d'une personne possédant un statut plus élevé, alors il basculait en état agentique, et de fait il ne s'estimait plus responsable de ses actes. Ainsi, l'individu abandonnerait temporairement ses critères moraux face à une figure d'autorité.

Toutefois, cette interprétation a été remise en cause, notamment en raison des différents comportements d'opposition (négociation, tentative d'aide à la victime, etc.) fréquemment observés au cours de l'expérience de la part des participants. Sans compter que l'obéissance de ces derniers ne s'intensifiait pas à mesure que les injonctions devenaient plus fortes. Au contraire, leur réticence à obéir se renforçait.


Alors comment expliquer cette soumission à l'autorité ?

En fait, il semble que la science elle-même soit un facteur d'obéissance. En effet, parmi les expériences alternatives réalisées par la suite, l'une d'elles a montré que la soumission à l'autorité diminuait fortement lorsque l'injonction de délivrer des décharges électriques était donnée par une personne non-scientifique ou si l'expérience était réalisée dans un lieu peu prestigieux comme un centre commercial.

Ainsi, la légitimité accordée à l'autorité scientifique et l'identification aux objectifs scientifiques représentent une composante majeure des comportements d'obéissance. De fait, loin d'être des exécutants-robots, les volontaires apparaissent au contraire comme de véritables acteurs qui, dans le but de servir la science, s'engagent activement dans les comportements que l'on attend d'eux, au point de dépasser leurs principes moraux.

D'ailleurs, une expérience récente a montré que lorsqu'on oriente subtilement les candidats vers une attitude proscientifique, ces derniers ont davantage tendance à se soumettre à l'autorité scientifique, quitte à faire souffrir un animal (factice en l'occurrence), comparé aux participants auxquels on induit un état d'esprit plutôt défavorable à la science.


Inspiré des travaux de Stanley Milgram, de Michel Dubois, de Martin Bauer, de Laurent Bègue et de Kevin Vezirian.



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