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La licence morale : quand la vertu incite au vice


La licence morale consiste à constituer un capital moral en accomplissant de bonnes actions, ce qui permet par la suite de s'accorder quelques écarts de conduite en toute bonne conscience.Qui ne s'est jamais accordé une petite gourmandise après avoir fait des efforts physiques ou après avoir restreint son alimentation quelques temps pour garder la ligne ? Ce type de comportement, ici sans grandes conséquences, résulte d'un phénomène psychique appelé licence morale, qui consiste à s'accorder de petits écarts de conduite après avoir réalisé une ou plusieurs bonnes actions.

La licence morale nous touche tous et peut engendrer des actes bien plus critiquables.


Quels sont les mécanismes en œuvre dans la licence morale ?

Le jugement de nos actions semble être au cœur de la licence morale. En effet, qualifier nos actions de bonnes alimente une sorte de crédit moral qui nous donnerait ainsi le droit de commettre d'autres actes nettement plus discutables.
Par exemple, trier nos déchets peut nous donner le sentiment d'avoir agit pour la planète. Nous risquons alors de nous sentir justifiés de faire une entorse à notre conduite respectueuse de l'environnement en prenant l'avion par exemple. De même, une étude a montré que les personnes qui sont invitées à se décrire en termes positifs se montrent ensuite moins généreuses envers des œuvres de bienfaisance.

Ainsi, nous avons tendance à compenser nos efforts consentis pour respecter nos principes moraux par des comportements contraires à nos valeurs. Et cela ne s'applique pas forcément à une seule action à la fois. En effet, une accumulation de bonnes actions est possible. Le capital moral ainsi accumulé risque alors de favoriser des agissements particulièrement malhonnêtes.


Peut-on éviter de tomber dans le piège de la licence morale ?

A chaque fois que nous jugeons notre comportement comme bon, nous nous sentons en droit de commettre un écart, comme une sorte de récompense, et ce en toute bonne conscience. Ainsi, lorsque nous estimons être une personne honorable, nous augmentons le risque de mal nous conduire.
Par ailleurs, alors que les écarts de conduite que l'on s'accorde après avoir bien agi se font en toute bonne conscience, les mécanismes qui sous-tendent la licence morale, eux, sont inconscients. Ils consistent principalement à désinhiber des comportements réprimés en raison de leur nature répréhensible.

Aussi, pour éviter de tomber dans le piège de la licence morale, il est essentiel d'éviter de juger nos actions comme bonnes ou mauvaises. Mieux vaut nous concentrer sur nos actes en nous demandant s'ils traduisent vraiment ce que nous souhaitons être.


Inspiré des travaux de Yves-Alexandre Thalmann, de Sonya Sachdeva et de Sophie Clot.



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