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Mars 2021 (Mise à jour: Mars 2021)

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Survivre à un naufrage : une épreuve psychologique extrême


Survivre à un naufrage nécessite de mobiliser des ressources psychologiques pour lutter contre l'inaction et gérer le stress et les angoisses.Naviguer en pleine mer n'est pas sans risque. En effet, un naufrage peut arriver. Les rescapés se retrouvent alors coincés sur une embarcation de fortune, parfois même sans eau ni nourriture. Leur objectif est alors de survivre en continuant d'espérer qu'on finisse par les retrouver.
Ce fut le cas, par exemple, d'un pêcheur salvadorien qui a dérivé 13 mois à travers le Pacifique sur son petit bateau de pêche. Le marin qui l'accompagnait, lui, est mort au bout de 4 mois d'épuisement et de déshydratation.

Ainsi, au delà du choc du naufrage, il est nécessaire de surmonter les difficultés matérielles, mais aussi psychologiques. Car se retrouver seul, perdu dans l'immensité de l'océan sans être certain d'être secouru un jour, avec une absence totale de confort, une quasi-impossibilité de dormir, etc. est une expérience extrême qui s'accompagne d'une anxiété intense.


Comment le naufragé vit-il sa dérive ?

Passé le choc du naufrage, le rescapé doit affronter les conditions épouvantables de sa survie. Sur le plan psychologique il doit endurer un stress permanent qui se transforme parfois en terreur au gré des catastrophes (dégonflement du radeau, décès d'un compagnon, blessure, etc.). Plus précisément, voici les principales difficultés psychologiques auxquelles le naufragé doit faire face :

  • Une passivité : Le découragement et la monotonie risquent de conduire rapidement les naufragés à une issue fatale.

  • Une transformation du rapport à la réalité : Les rescapés rapportent souvent avoir vécu une modification de la perception spatio-temporel. Ainsi, rapidement, le présent semble dilaté, ce qui donne l'impression qu'il n'y a plus de passé ni de futur.

  • Des troubles de la perception : Des illusions, voire des hallucinations peuvent survenir en raison notamment de la fatigue et de la déshydratation. Mais ces hallucinations peuvent également être un moyen de défense contre les angoisses.

Cependant, malgré les souffrances générées par la durée de la dérive et la difficulté des conditions matérielles, il est important d'éviter de se focaliser sur les dangers mais plutôt de se concentrer sur les éléments positifs, notamment ceux qu'on peut contrôler.


Est-il possible de reprendre le contrôle de la situation ?

Après le choc du naufrage et le désespoir provoqué par les conditions de survie extrêmement difficiles, les rescapés n'ont d'autre choix que de se ressaisir. Pour cela, il est essentiel de mettre en place des stratégies positives. En voici les principales :

  • Planifier : Faire un inventaire des vivres, du matériel de survie et planifier la suite en estimant la durée avant d'être secouru, permet de lutter contre les angoisses et le laisser-aller. En outre, cela développe le sentiment d'une certaine reprise de contrôle.

  • Refuser l'inactivité : S'engager dans une série d'activités comme recueillir de l'eau de pluie, pêcher, déjeuner, construire une voile de fortune, etc. sont autant d'occupations qui permettent de résister au stress, mais aussi de lutter contre la dilatation du présent.

  • Percevoir le changement de façon positive : Les personnes qui considèrent le changement comme un défi répondent mieux à l'inattendu et restent en meilleure santé.

  • Recourir à l'imaginaire : Les pensées et les rêveries aident les naufragés à se transporter dans un autre lieu et de se souvenir de leurs proches. Cette évasion mentale permet de mieux réguler les émotions. De même, penser à des projets aide à survivre psychologiquement car cela revient à penser à l'avenir et donc à croire à sa survie.

Enfin, accepter son sort, c'est-à-dire accepter sa situation et la souffrance qu'elle génère, sans pour autant démissionner, est sans doute la meilleure attitude à adopter. En effet, ce changement d'état d'esprit permet de mieux résister au stress, de ressentir moins d'émotions négatives et de mieux s'adapter aux contraintes de la survie.


Inspiré des travaux de Luc-Christophe Guillerm, de Suzanne Kobasa, de Xavier Maniguet, de Susan Folkman et de Richard Lazarus.



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