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L'authenticité ou le meilleur de soi


L'authenticité est la capacité de vivre en accord avec ses valeurs, ses centres d'intérêt et ses convictions. Aussi, être et agir en accord avec soi-même apporte un certain équilibre et contribue au bien-être. Au contraire, agir en désaccord avec ses valeurs génère du stress et de la souffrance.

C'est pourquoi l'authenticité est particulièrement appréciée dans notre société et nous invite à se poser la question : "Qui suis-je vraiment ?". Ainsi, de nombreuses personnes s'attèlent à chercher leur vrai moi, notamment en suivant des psychothérapies. Pourtant, tous nos comportements et nos pensées font partie de nous-mêmes.


Il serait donc inutile de chercher à entrer en contact avec son vrai moi ?

Il semble en effet absurde de chercher à découvrir qui l'on est vraiment dans la mesure où tous nos comportements intentionnels, nos idées, nos motivations... reflètent une partie de notre constitution psychologique.
Aussi, l'idée qu'un vrai moi puisse se distinguer d'un faux moi s'explique principalement par le fait que les êtres humains ont une personnalité si complexe que deux actions apparemment incompatibles peuvent tout à fait s'accorder. Par exemple, aider une personne en détresse et regarder la télévision en mangeant des chips sont deux démarches bien différentes mais aussi authentiques l'une que l'autre, et qu'une même personne peut entreprendre.

En fait, la notion de moi authentique, qui séduit de plus en plus de personnes, est déformée par différents biais et préjugés, dont voici les principaux :

  • Le préjugé de positivité : Il s'agit d'inclure les qualités les plus positives et les plus morales dans la description de son vrai moi (par exemple, la gentillesse, l'honnêteté, la générosité...). Ainsi, nous avons tendance à juger les comportements positifs comme plus authentiques que les comportements négatifs, même si ces deux types de comportement sont des reflets fidèles de nos caractéristiques et de nos désirs personnels.

  • La dissociation entre authenticité et personnalité : Nous avons tendance à dissocier le sentiment d'authenticité du sentiment d'être soi-même. Plus précisément, nous nous sentons généralement plus authentiques lorsque nous sommes satisfaits, calmes, libres, enthousiastes, compétents, aimants et ouverts à de nouvelles expériences, que lorsque nous sommes simplement nous-mêmes.

  • La désirabilité sociale : Nous avons tendance à nous sentir authentiques lorsque nous agissons de manière socialement acceptable et non lorsque nous allons à l'encontre des injonctions culturelles. De même, nous nous sentons souvent inauthentiques lorsque nous avons l'impression d'être inférieurs aux autres ou isolés socialement.

Ainsi, ces différents biais et préjugés donnent une image très positive de l'authenticité, qui apparaît alors comme une caractéristique psychologique dépourvue de défaut, un peu comme un idéal à atteindre.


Chercher à être authentique équivaudrait alors à chercher le meilleur de soi ?

Ces biais de positivité nous conduisent à percevoir l'authenticité comme étant fortement liée à la moralité et aux objectifs élevés (par exemple, s'engager dans une cause humanitaire). Aussi, nous nous sentons plus authentiques lorsque les autres nous voient comme nous voulons être vus et non tels que nous sommes vraiment. Néanmoins, même si ce sentiment est erroné, il peut s'avérer très positif.

En effet, en essayant d'entrer en contact avec notre "vrai moi", nous cherchons en fait à atteindre une sorte d'idéal du moi. Or cette démarche nous pousse à développer nos qualités et à réaliser nos potentialités les plus saines. D'ailleurs, certains psychologues parlent d'authenticité saine. Mais celle-ci implique de se débarrasser des préjugés sur l'authenticité et de se voir tel que l'on est, dans toute sa contradiction et sa complexité. Car c'est seulement une fois qu'on s'accepte tel que l'on est, qu'on peut vraiment changer.


Inspiré des travaux de Scott Barry Kaufman, de Carl Roger, de Katrina Jongman-Sereno, de Mark Leary et de Roy Baumeister.



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