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Dégoûté par des trous : le cas de la trypophobie


La vue de trous, de points, de taches ou de fissures en tout genre provoque chez certaines personnes un profond dégoût, au point de perdre tous leurs moyens. Cette réaction est caractéristique de la trypophobie.

Aussi, bien que ce terme (très récent puisqu'il est apparu seulement en 2013) suggère qu'il s'agit d'une phobie des trous, cette aversion pour les trous n'est pas encore scientifiquement reconnue comme une véritable phobie. En effet, contrairement aux autres phobies comme la claustrophobie, l'arachnophobie, la phobie sociale, etc. qui déclenchent des émotions à la fois de peur et de dégoût, la trypophobie, elle, ne semble provoquer que du dégoût.


Comment se caractérise la trypophobie ?

Une personne trypophobe ressent un profond dégoût à la vue de points, de trous, de taches ou de fissures. La trypophobie est assez répandue puisqu'elle semble toucher environ 11% des hommes et 18% des femmes. En effet, plus d'une personne sur dix ont des réactions de type démangeaisons, maux de tête ou tremblements face à des photographies ou des vidéos mettant en scène divers trous comme des têtes de fleurs de lotus, des éponges à vaisselle, un nid de guêpes, des bulles dans une pâte à gâteau, etc.
Aussi, les trous sur la peau semblent provoquer bien plus de dégoût que ceux d'objets inertes comme les rochers.

Ainsi, la plupart des trypohobes vivent dans la crainte permanente d'être confrontés à des images ou des objets présentant des trous, ce qui tend à affecter tous les domaines de leur vie quotidienne.


Comment expliquer une telle réaction et peut-on la surmonter ?

La trypophobie trouverait son origine dans un réflexe ancestral de fuite face à des animaux venimeux. En effet, ces animaux (par exemple, les serpents ou les araignées) présentent souvent des motifs visuels ressemblant à des trous, soit circulaires, soit sous forme de bandes dont les caractéristiques des bords rappellent celles que l'on trouve au bord des trous. De même, les réactions de démangeaisons et de chair de poule provoquées par des motifs de trous seraient un réflexe de protection de la peau contre les parasites ou les infections.
D'ailleurs, le sentiment de dégoût permet d'éviter les substances toxiques et polluantes comme les aliments périmés, les plantes vénéneuses, les cadavres, etc. En effet, lorsque nous sommes confrontés à la décomposition, nous faisons instinctivement une mimique de dégoût pour empêcher les germes de pénétrer dans notre corps par la bouche, le nez ou les yeux.

Enfin, comme la trypophobie n'est pas encore reconnu comme un trouble mental, il n'existe aucune psychothérapie adaptée. Toutefois, des trypophobes tentent de se désensibiliser aux éléments déclencheurs en s'y exposant régulièrement. D'autres penchent pour une méthode de relaxation assez particulière : l'ASMR (la réponse autonome des méridiens sensoriels). Elle consiste à regarder des vidéos mettant en scène des gens qui mangent, qui chuchotent, qui se brossent les cheveux... Et cela semble apaiser leur angoisse.


Inspiré des travaux de Chrissie Giles, de Tom Kupfer, de Geoff Cole et d'Arnold Wilkins.



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