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La distance personnelle : une bulle protectrice


Quoi de plus désagréable qu'un inconnu s'approchant trop près de nous sans qu'on s'y attende. Ce type de situation tend à provoquer un certain malaise, voire du stress et de la peur car notre sphère protectrice, appelée distance personnelle est violée.
En effet, la distance personnelle est une sorte de bulle invisible qui nous entoure et que nous maintenons avec autrui, comme une sorte de barrière protectrice.


Comment se caractérise la distance personnelle ?

A vrai dire, il n'y a pas qu'une seule distance personnelle autour de nous, mais plusieurs. Plus précisément, on peut identifier quatre grandes zones de contact interpersonnel :

  • La distance publique : Elle s'étend au-delà de 3,6 mètres autour de nous. Dans cette zone, le contact corporel n'intervient pas. Il n'y a pas non plus d'interactions ni d'échanges verbaux.

  • La zone sociale : Elle couvre un rayon de 1,2 à 3,6 mètres autour de nous. Elle correspond à la distance classique adoptée lors d'échanges professionnels ou commerciaux dans des situations formelles.

  • La distance personnelle : Elle s'étend sur un rayon de 45 à 125 centimètres autour de notre corps, c'est-à-dire qu'elle englobe à peu près tout ce que nous touchons lorsque nous tournons sur nous-mêmes avec les bras tendus. Elle correspond à la zone de confort que nous prenons lorsque nous discutons amicalement avec quelqu'un. Ainsi, cette distance permet de se serrer la main, mais aussi de ressentir un certain stress lorsqu'un inconnu s'approche trop près de nous.

  • La distance intime : Elle couvre un rayon d'environ 45 centimètres autour du centre de notre corps. Cette zone est généralement réservée à notre partenaire, ainsi qu'à notre famille et nos amis les plus proches.

Par ailleurs, la taille de la zone de confort varie selon l'âge, le sexe, l'humeur, la personnalité et le contexte. Par exemple, la distance personnelle tend à augmenter avec l'âge. Elle s'avère aussi plus réduite chez les femmes que chez les hommes. De même, dans des situations effrayantes et désagréables, notre zone de confort a tendance à s'élargir.


Comment réussissons-nous à déterminer des distances aussi précises ?

La distance personnelle est calculée par certaines régions cérébrales, notamment le cortex moteur, le putamen et le sillon intrapariétal.Notre zone de confort est déterminée par notre cerveau. Plus précisément, ce sont des neurones situés dans le cortex prémoteur, le putamen et le sillon intrapariétal du lobe pariétal qui déterminent la distance personnelle.
Le rôle de ces neurones appelés neurones péripersonnels est de surveiller l'espace autour de notre corps et de calculer précisément plusieurs paramètres comme la distance, la vitesse et la direction des objets et des personnes qui nous entourent.

Ainsi, les neurones péripersonnels jouent un rôle fondamental dans la plupart des interactions avec notre environnement. Par exemple, ils permettent de nous défendre, de coordonner nos mouvements vers un but précis comme se servir d'une fourchette ou d'un ciseau. D'ailleurs, lorsque le mécanisme de représentation spatiale péripersonnelle ne fonctionne par correctement (c'est le cas notamment chez les schizophrènes et les autistes), les patients rencontrent alors de grandes difficultés motrices et sociales. Par exemple, les schizophrènes ont tendance à maintenir une très grande distance avec autrui.

L'espace péripersonnel joue donc un rôle essentiel dans tous nos gestes et nos interactions sociales !


Inspiré des travaux d'Anna Lorenzen, d'Edward Hall, d'Eleonora Vagnoni, de Giacomo Rizzolatti, de Michael Graziano, de Charles Gross et de Daphne Holt.



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