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Le sentiment d'utilité : une véritable source de motivation au travail


"Un travail utile est l'une des choses essentielles de la vie que nous négligeons à nos risques et périls." Laurence G. BoldtUne carrière professionnelle réalisée avec passion est le rêve de nombreuses personnes. En effet, quoi de plus plaisant que de suivre sa vocation en travaillant avec plaisir et en en tirant un sentiment de réalisation personnelle ? A-t-on tendance à penser...

Pourtant, cette démarche qui consiste à suivre son cœur et chercher sa vocation est loin de s'avérer aussi satisfaisante qu'elle n'y paraît. En effet, d'une part, elle est sujette à certains biais cognitifs, et d'autre part, le plaisir qu'on en tire ne nourrit pas une très forte motivation intrinsèque.


Quels sont ces biais cognitifs à l'œuvre dans la recherche de vocation ?

On peut identifier deux principaux biais cognitifs qui risquent de nous induire en erreur lorsqu'on cherche à faire de notre passion une profession :

  • Le biais de sélection de l'information (ou biais du survivant) : Les témoignages de réussites qui incitent à écouter son cœur plutôt qu'à se laisser guider par des considérations financières abondent et sont particulièrement motivants. Pourtant, parmi les gens qui choisissent cette voie, la proportion de personnes qui finissent par rencontrer le succès est infime. En réalité, la très grande majorité de passionnés qui se lancent se retrouvent désargentés. Mais les témoignages de toutes ces personnes qui ont échouées ne sont pas mis en lumière. Autrement dit, nous avons tendance à nous focaliser sur les exemples de succès qui, en réalité, sont assez rare, et à ignorer les échecs, qui eux, sont très nombreux.

  • Le biais d'a posteriori : Nous avons tendance à reconstruire l'histoire en fonction de ce que l'on connaît dans le présent. Par exemple, une personne qui a brillamment suivit sa vocation aura tendance à mettre en avant son sentiment d'avoir été appelée vers cette destinée, et elle omettra de mentionner toutes les autres professions qui l'ont également séduites par le passé.

Le plaisir d'exercer une profession ne serait donc pas une réelle source de motivation ?

Il est vrai que les salariés qui exercent leur métier avec passion se montrent plus performants que ceux qui n'y trouvent ni intérêt ni plaisir. Cependant, il est aussi vrai que les cadres et employés passionnés par leur tâche mais qui n'y voient pas une grande utilité sont beaucoup moins performants que leurs collègues qui prennent peu de plaisir à leur travail mais qui y perçoivent une réelle utilité. Autrement dit, on est meilleur lorsqu'on se sent utile plutôt que lorsqu'on aime ce que l'on fait.

Aussi, les buts utiles peuvent se cultiver tout au long d'une carrière, et ce quelque soit le secteur professionnel. Et ce sentiment d'utilité est une réelle source de motivation intrinsèque qui donne la force d'avancer et de se réaliser. Finalement, mieux vaut chercher à être utile que chercher à réaliser une passion.


Inspiré des travaux de Yves-Alexandre Thalmann, de Morten Hansen et d'Adam Grant.



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