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Programmés pour le moindre effort...


L'inactivité physique est devenue un problème majeur dans nos sociétés occidentales. En effet, selon l'OMS, chaque année, 3,2 millions de décès sont imputables à un manque d'activité physique ! Pourtant, différentes politiques publiques sont régulièrement mises en œuvre pour inciter la population à bouger davantage. Mais elles se soldent systématiquement par un échec.

Ainsi, pour pouvoir inverser cette tendance à la sédentarisation, il semble nécessaire de commencer par en déterminer la cause.


Alors à quoi est due cette tendance au farniente ?

En fait, nous sommes moins enclins à la paresse qu'à l'efficience. Plus précisément, nous sommes programmés pour minimiser notre dépense énergétique, c'est-à-dire pour réaliser des actions avec un coût énergétique minimum ou simplement pour éviter les efforts inutiles. Aussi, cette tendance à la minimisation des efforts serait le fruit de l'évolution. En effet, cette propension à l'économie de l'effort a permis à notre espèce d'augmenter ses chances de survie et de reproduction au cours de l'évolution.

Ainsi, cette disposition expliquerait ce décalage entre notre intention de bouger davantage et notre inactivité physique. D'ailleurs, un exemple illustre bien ce paradoxe. Il s'agit des escalators mis en place par des salles de sport pour que leurs adhérents puissent s'y rendre sans avoir à fournir le moindre effort, alors qu'ils viennent justement dans l'intention de se dépenser physiquement. Ainsi, on voit bien à quel point cette tendance à minimiser nos efforts est profondément ancrée en nous et qu'il est donc très difficile de lutter contre de tels automatismes.


Y a-t-il tout de même un espoir de refréner cette tendance au moindre effort ?

Aujourd'hui, notre tendance à l'efficience s'est retournée contre nous et menace désormais notre survie. C'est pourquoi il est important de tenter de rester actif malgré notre attirance innée pour la sédentarité.
Le cortex préfrontal permet de lutter contre notre inclination pour l'inactivité.Heureusement, au cours de l'évolution, notre cerveau s'est également considérablement développé, notamment le cortex préfrontal. Or, celui-ci joue un rôle clé dans de nombreuses fonctions cognitives telles que le langage, la mémoire, le raisonnement, ou encore le contrôle des pulsions.
Aussi, une étude a récemment montré que résister à notre tendance au moindre effort pour ainsi s'activer physiquement nécessite une importante mobilisation de ressources cognitives.

Autrement dit, passer d'un fonctionnement automatique à un fonctionnement conscient et volontaire dans le but de fournir des efforts physiques demande un certain effort mental mais qui reste à la portée de tous. En effet, cela nécessite de prendre conscience de notre tendance à l'inactivité et de rester attentif pour éviter de se laisser piéger par notre propension naturelle à l'inactivité, en adoptant un style de vie actif.


Inspiré des travaux de Boris Cheval, de Matthieu Boisgontier, de Jessica Selinger, et de Marcel den Hoed.



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