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Vieillir en beauté


"La beauté n'a pas d'âge". Voilà le slogan de nombreuses personnes qui s'opposent à l'injonction sociale d'une lutte acharnée contre les marques du temps sur le corps.Au fil des ans, les stigmates du vieillissement apparaissent irrémédiablement sur note corps, notamment sur notre visage. Pour beaucoup, ces traces du temps sont difficiles à accepter car dans notre société, paraître vieux c'est décliner, c'est perdre ses capacités physiques et intellectuelles, c'est ne plus être désirable...

D'ailleurs, l'industrie des cosmétiques l'a bien compris et insiste sur la possibilité, et même le devoir, de cacher ses rides et ses cheveux blancs. Ainsi, les crèmes anti-âge, les teintures, la chirurgie esthétique, les implants, les produits vitaminés, les sérums... sont présentés comme les outils incontournables dont il faut absolument se munir pour lutter contre les marques du temps.


Les hommes et les femmes sont-ils égaux face à cette lutte acharnée contre le vieillissement ?

A vrai dire, l'image sociale de la femme dépend davantage de l'apparence physique que celle de l'homme. En effet, depuis le début du XXe siècle, les publicités et les médias ont véhiculé l'idée que les femmes doivent être belles et jeunes pour exister socialement. De fait, les traces de vieillissement sont perçues, pour la gent féminine, comme les signes d'un manque de contrôle sur soi répréhensible au regard des nombreux produits cosmétiques anti-âge mis à leur disposition.

Au contraire, le corps de l'homme a peu d'incidence sur sa valeur sociale. En effet, les hommes ont tendance à être davantage jugés sur leur position sociale. De fait, leurs rides n'altèrent pas vraiment l'image qu'ils renvoient. Elles peuvent même accentuer leur virilité et leur charme.
Cela dit, de plus en plus de produits cosmétiques sont désormais destinés aux hommes. Ces derniers se voient alors progressivement contraints par le discours marketing de lutter contre les stigmates de l'âge pour rester socialement acceptable.


Quels sont les risques d'une telle injonction sociale ?

L'un des principaux danger de cet impératif de jeunesse éternelle et de beauté standardisée est de se sentir diminuer au fil des ans et de se battre à corps perdu contre le temps pour éviter tout jugement sans complaisance sur son apparence. De fait, vieillir est vécu comme une défiguration lente et honteuse contre laquelle ont se doit de lutter, au risque de figer son visage.

Ainsi, en masquant les marques du temps sur son corps, on est jugé, non plus sur l'âge chronologique, mais sur l'apparence de l'âge. Car faire son âge est condamnable. La menace de honte n'est jamais loin. Sans compter que la tendance à intérioriser le jugement impitoyable des autres se répercute forcément sur le regard que l'on porte sur soi-même.

Heureusement, de plus en plus de femmes et d'hommes résistent contre cette injonction de jeunesse éternelle en prônant une conformité entre le sentiment de soi et l'apparence extérieure. Leur slogan : La beauté n'a pas d'âge.


Inspiré des travaux de David Le Breton.



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