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(Mise à jour: Juillet 2018)

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Quand la propreté incite au respect des règles...


La propreté a une réelle influence sur le comportement humain en matière de respect des règles sociales et morales.Notre société accorde de plus en plus d'importance à la propreté. En effet, collecter les ordures, effacer les graffitis, ramasser les sacs plastiques et les mégots, proposer des espaces verts bien entretenus... est devenue une affaire centrale des politiques urbaines.

Aussi, même si la propreté des espaces publics a un coût, ses répercussions semblent aller bien au-delà du caractère agréable qu'apporte une ville propre, et au final elle pourrait s'avérer rentable.


Comment la propreté peut-elle dépasser la simple question de l'hygiène ?

En fait, l'état d'un espace public tend à refléter l'état du respect des règles sociales dans cet espace. C'est-à-dire qu'un endroit propre est généralement un endroit respecté par ses habitants, lesquels tendent à adopter un comportement conforme aux normes sociales. En revanche, un endroit sale évoque plutôt un non-respect des règles morales et sociales. Par exemple, une rue taguée et dans laquelle traînent des détritus laisse penser que ses habitants manquent de civisme.

Or, l'image d'un espace public influence grandement notre comportement. En effet, en constant qu'un interdit est respecté ou au contraire bafoué, nous avons tendance à faire de même.
Et cette tendance s'applique au-delà du cadre du respect de l'environnement. Par exemple, une expérience a montré que face à une boîte aux lettres de laquelle dépasse une enveloppe contenant un billet de banque apparent, les passants sont beaucoup plus nombreux à voler le billet lorsque la rue est sale et dégradée.


Pourquoi notre conformité aux normes sociales est-elle si instable ?

A vrai dire, nous faisons ce que la société attend de nous à condition que les autres le fassent également. Nous sommes donc des coopérateurs conditionnels. Ainsi, si nous avons le sentiment que nous sommes les seuls à respecter les règles, alors nous aurons tendance à ne plus les respecter à notre tour. Et inversement, les individus peu respectueux de l'ordre public auront tendance à y être plus sensibles s'ils constatent que tout le monde se plie aux règles.

Ainsi, ce type de coopération conditionnelle peut entraîner un cercle aussi bien vertueux que vicieux. Il est donc important que les politiques urbaines prennent en compte cette caractéristique humaine car l'investissement dédié à l'entretien des lieux publics pourraient vite être compensé par les bénéfices engendrés par le respect des biens publics et par la conformité aux normes sociales et morales des citoyens.


Inspiré des travaux de Nicolas Baumard, de Coralie Chevalier et de Kees Keizer.



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