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Quand nos prises de décisions au travail sont biaisées...


Nous sommes souvent influencés par des biais cognitifs qui nous empêchent de prendre des décisions rationnelles au travail.Au travail, nous sommes parfois amenés à prendre certaines décisions, comme recruter un candidat, décider de la suite d'un partenariat, investir dans un nouveau projet, etc... Evidemment, nous tentons d'agir de la façon la plus rationnelle possible afin de ne pas commettre d'erreur.
Mais malgré notre bonne volonté, nous restons tout de même sous l'influence de nombreux facteurs dont nous ne soupçonnons pas l'existence.


Quels sont ces biais cognitifs qui nous poussent parfois à prendre de mauvaises décisions?

Il existe une multitude d'éléments irrationnels qui nous induisent en erreur et nous incitent à faire les mauvais choix. Parmi les principaux biais, on retrouve :

  • L'erreur d'attribution fondamentale : elle consiste à surestimer l'influence des caractéristiques personnelles dans certains événements négatifs. Par exemple, lors d'un recrutement, si un candidat est au chômage, nous avons tendance à attribuer cette situation à un manque de compétence ou une personnalité inadaptée, plutôt qu'à une conjoncture économique difficile.

  • Les stéréotypes : certaines caractéristiques comme la corpulence, la couleur des cheveux, et même le prénom, ont tendance à nous influencer. Par exemple, une femme blonde est souvent perçue comme moins intelligente qu'une femme brune.

  • La météo : lorsqu'il fait beau, nous avons tendance à prendre des décisions sur un coup de tête, de façon intuitive ; tandis qu'un ciel nuageux nous rend d'humeur morose, ce qui favorise un raisonnement plus analytique.

  • La dépense gâchée (ou sunk cost) : nous avons tendance à persister dans les projets qui échouent et qui coûtent cher. Par exemple, une étude a montré que 85% des décideurs optent pour le maintien des dépenses dans un projet qui pourtant s'avère un échec, lorsque l'idée initiale vient d'eux. En revanche, lorsque l'idée originelle vient d'un collaborateur, ils ne sont plus que 17% à approuver le maintien des dépenses.

Est-il possible de neutraliser ces biais?

Finalement, avant d'impacter nos décisions, ce sont surtout nos émotions que ces biais cognitifs influencent. Ainsi, l'orgueil, la morosité, un excès d'optimisme, etc... nous placent dans de mauvaises conditions pour prendre les meilleures décisions. C'est pourquoi, savoir identifier, gérer et utiliser ses émotions s'avère un moyen efficace pour rendre notre comportement plus rationnel au travail.

Plus précisément, l'intelligence émotionnelle tend à favoriser notre capacité à s'adapter à des événements nouveaux ou imprévus. Aussi, le simple fait de prendre conscience de nos émotions, c'est-à-dire des tensions désagréables ou au contraire d'une certaine euphorie, nous permettrait de prendre du recul et d'éviter de réagir de façon intuitive.
Par ailleurs, d'autres techniques comme la méditation de pleine conscience permettent également de mieux comprendre et réguler nos émotions.


Inspiré des travaux de Nicolas Guéguen, de Nic Hooper, d'Uri Simonsohn, de Léon Beauvois, de Hal Arkes, de Cécile Dejoux et d'Ilios Kotsou.



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