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Méditer pour ralentir le vieillissement cérébral !


Avec l'âge, certaines zones de notre cerveau ont tendance à rétrécir. En effet, chaque jour, nous perdons plus d'un million de neurones, ce qui représente chaque année entre 0,5 et 1% de notre volume cérébral !
Par ailleurs, on sait depuis quelques temps déjà que certains facteurs de vie permettent de ralentir ce vieillissement cérébral. Et on découvre aujourd'hui que la pratique de la méditation pourrait également jouer un rôle protecteur notable.


Mais d'abord, quels sont les facteurs qui influent sur le vieillissement cérébral?

Notre volume cérébral et nos capacités cognitives ne sont pas forcément condamnés à décliner avec l'âge. En effet, différents facteurs psychoaffectifs ou liés à notre mode de vie peuvent influer sur ce vieillissement cérébral. En voici les principaux :

  • La dépression, le stress ou l'anxiété : par exemple, le stress tend à altérer l'hippocampe cérébral (une zone du cerveau particulièrement impliquée dans la mémoire).
  • Les troubles du sommeil : ils sont souvent associés à des modifications cérébrales, notamment une diminution du volume de l'insula (une région du cerveau impliquée, entre autre, dans la conscience de soi et le contrôle des émotions).
  • Les activités cognitives : elles ont tendance à préserver l'activité du cerveau. Il peut s'agir, par exemple, de la lecture, ou d'activités qui impliquent le calcul, la mémorisation, etc...
  • Les activités physiques : elles favorisent le bien vieillir. Il peut s'agit, par exemple, de la marche, du vélo, de la natation, etc...
  • Le régime alimentaire : manger sainement tend à protéger le cerveau du vieillissement cognitif, voire de certaines démences telles que la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson.

Ainsi, le simple fait de changer quelques habitudes de vie pourrait permettre de ralentir notablement le déclin cognitif lié à l'âge.


En quoi la méditation serait un plus pour lutter contre le vieillissement cérébral?

La méditation pourrait être un moyen de ralentir le vieillissement du cerveau, tout en favorisant le bien-être et la santé mentale, dans la mesure où méditer permet de réduire le stress, l'anxiété, la dépression, l'insomnie et de mieux réguler son attention et ses émotions. Sans compter que cette pratique a également tendance à protéger le fonctionnement du cerveau.

C'est pourquoi certains chercheurs commencent à s'intéresser à l'effet de la méditation sur le vieillissement cérébral. Ainsi, des études récentes ont montré que certaines aires cérébrales des experts en méditation sont plus volumineuses et plus actives que celles des autres personnes de même âge (les participants étaient âgés de 20 à 87 ans) et de même niveau d'éducation.
La méditation semble préserver certaines régions cérébrales telles que l'insula,<br />
le cortex préfrontal, la jonction temporo-pariétale et l'hippocampe.Plus précisément, les aires cérébrales les mieux préservées sont celles qui s'avèrent particulièrement sensibles au vieillissement. Il s'agit de :

  • L'insula et le cortex cingulaire : ils sont impliqués dans la conscience intéroceptive, c'est-à-dire qu'ils nous permettent de prendre conscience du va-et-vient de notre respiration, de notre rythme cardiaque, etc..., et nous aident à réguler nos émotions.
  • Le cortex préfrontal ventromédian : il nous rend capables d'attribuer des émotions aux autres, c'est-à-dire de savoir ce qu'ils ressentent.
  • La jonction temporo-pariétale : elle est impliquée dans le vagabondage mental. Plus précisément, cette zone s'active lorsque nous ne pensons à rien de particulier. C'est pourquoi elle est appelée réseau de mode par défaut.
  • L'hippocampe : il est impliqué dans la mémoire.

Ainsi, même si ces études doivent être effectuées sur des échantillons plus grands et de façon longitudinale, les premier résultats concernant l'effet de la méditation sur l'activité cérébrale au cours du vieillissement sont plutôt prometteurs !


Inspiré des travaux de Gaël Chételat, d'Antoine Lutz et de Rebecca Wells.



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