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Le pouvoir du secret


Les hommes se distinguent par ce qu'ils montrent et se ressemblent par ce qu'ils cachent.Les secrets occupent une place importe dans nos vies. En effet, qui n'a jamais gardé un secret ou été mis dans la confidence tout en étant prié de ne le répéter à personne?
D'ailleurs, qu'ils soient de nature personnelle, médicale, familiale, politique, financière..., les secrets jouent un rôle social important. Aussi, si sa révélation tend à soulager celui qui se confie, elle peut aussi donner au confident un véritable pouvoir dont il risque d'abuser.


Le secret aurait donc des bienfaits ?

La révélation d'un secret peut effectivement jouer un rôle positif dans une relation, tend pour le détenteur de l'information tenue cachée que pour le confident.
D'abord, le partage du secret peut être bénéfique à celui qui se confie sur plusieurs plans:

  • Partager une information chargée émotionnellement atténue le sentiment de solitude.
  • La mise à plat de l'information cachée permet une réorganisation et une clarification des rôles et des responsabilités des protagonistes.
  • Prouver qu'on a rien à cacher, avec des expressions du type: "Pour tout vous dire", permet de susciter la confiance de son interlocuteur.

Ensuite, être mis dans la confidence, c'est-à-dire avoir accès à des informations cachées aux autres, tend à satisfaire sa curiosité et à renforcer son ego. Sans compter que détenir le secret d'autrui peut procurer un sentiment de pouvoir. Ainsi, un confident malveillant risque d'être tenté de recourir au chantage pour asseoir son pouvoir ("si tu ne fais pas ce que je veux, je révèle ton secret").


Le secret peut donc être particulièrement nuisible?

Le choix de l'interlocuteur est effectivement très important lorsque l'on décide de révéler un secret. Mieux vaut se confier à quelqu'un de bienveillant. Mais au-delà de ces confidences personnelles, certains secrets acquièrent une dimension sociale pouvant avoir un impact considérable sur la vie publique. C'est la cas, notamment, des secrets d'Etat qui pourraient affoler ou révolter les citoyens, mais aussi des secrets politiques ou financiers. Le délit d'initié en est un bon exemple : il s'agit d'utiliser pour son intérêt personnel, des informations cachées au plus grand nombre.

Plus généralement, le secret tend à devenir irritant quand on sait qu'il existe mais qu'on ne peut pas en prendre connaissance. Il procure alors un sentiment d'exclusion et d'infériorité par rapport à ceux qui y ont accès.


Inspiré des travaux de Christophe André, de Laurent Schmitt et d'Anita Kelly.



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