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Quand la honte devient salutaire...


La honte est un sentiment à double tranchant: elle peut être source du meilleur comme du pire.Provoquer la honte en humiliant un fauteur de trouble pour le dissuader de récidiver est une pratique qui a toujours plus ou moins existé. D'autant qu'aujourd'hui, à l'ère des réseaux sociaux, les fautes morales dénoncées sur le web ont tendance à se répandre comme une traînée de poudre, et une telle humiliation publique risque de faire des ravages...


Provoquer la honte serait donc contre-productif?

Se faire humilier publiquement et être considéré comme une mauvaise personne dégrade considérablement l'estime de soi. En outre, le sentiment de honte risque de provoquer divers troubles, dont voici les principaux:

  • Une dépression.
  • Un stress post-traumatique.
  • Une augmentation de la sécrétion de cytokines, du cortisol, et des protéines inflammatoires.

Sans compter que la honte risque également de déclencher une certaine colère et favoriser une posture d'autodéfense, ainsi qu'un comportement agressif. En somme, la honte peut s'avérer destructrice lorsqu'elle provoque des réactions d'évitement, d'agressivité ou de mal-être.

Néanmoins, la honte n'est pas toujours source de comportements négatifs. En effet, dans certains cas elle peut favoriser une attitude positive.


Comment tirer avantage de la honte?

En fait, c'est surtout lorsque la honte est liée au jugement d'autrui, c'est-à-dire lorsqu'elle affecte l'image publique, qu'elle tend à devenir contre-productrice. En effet, lorsqu'une personne voit sa réputation entachée par la honte, elle se retrouve souvent dans une situation inextricable. Elle va donc avoir tendance à se replier sur elle-même.

Cependant, dès lors que des solutions (c'est-à-dire des compensations) sont envisageables, la honte peut devenir un véritable moteur de changement vers une attitude positive. Elle peut alors favoriser le dépassement de soi, ainsi que la coopération. D'ailleurs, en criminologie, certains parlent de honte réintégrative. Celle-ci consiste à aider un criminel à réintégrer la société après l'avoir confronté à ses méfaits. Aussi, les sociétés qui adoptent ce type de pratique ont un taux de criminalité moins élevé que celles qui préfèrent la sanction conduisant à la stigmatisation.

Enfin, la honte est plus susceptible de déclencher du remord ainsi qu'une envie de s'améliorer lorsqu'elle vient heurter ses propres valeurs morales, plutôt que son image publique.


Inspiré des travaux de Diana Kwon, de Nicolay Gausel, de Colin Leach et de John Braithwaite.



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