Accueil > Chroniques > Sujets originaux de la psycho > Le décodage des microexpressions


Le décodage des microexpressions


Les émotions, tout comme leur expression, sont universelles. En effet, la façon dont les visages expriment la peur, le dégoût, la colère, la surprise, la joie, etc... est semblable partout dans le monde, quelque soit le contexte culturel. Ainsi, il existe un vaste lexique des expressions faciales dont plus de 10 000 ont déjà été identifiées.

En général, ces mimiques sont faciles à discerner. Toutefois, certaines expressions émotionnelles sont si brèves qu'elles passent inaperçues. On parle alors de microexpressions.


Ces microexpressions sont-elles vraiment indétectables?

Une microexpression est une expression faciale fugace (de 4 à 7 centième de seconde). Une telle mimique est donc extrêmement difficile à percevoir. Néanmoins, elle peut être détectée après un entraînement spécifique.

Deux voies nerveuses sous-tendent les micro-expressions: le cortex moteur et les aires sous-corticales.Par ailleurs, les microexpressions s'intercalent généralement entre les expressions dominantes d'une personne qui dissimule, volontairement ou non, ses états d'âme. Plus précisément, lorsque nous réprimons une émotion, deux voies nerveuses entrent en conflit:

  • Le cortex moteur: il contrôle les mouvements volontaires du visage.
  • Les régions sous-corticales: elles sont impliquées dans les contractions involontaires des muscles.

Ainsi, lorsqu'un individu cherche à se contrôler (par exemple, lorsqu'il ment), ces deux voies nerveuses entrent en compétition. C'est à ce moment que des microexpressions se manifestent...


Dans quel but détecter les microexpressions?

Améliorer notre capacité à identifier les microexpressions permettrait de développer notre empathie et notre intelligence émotionnelle, mais également de consolider nos aptitudes sociales et notre contrôle émotionnel. C'est pourquoi des outils et des techniques de décodage des émotions ont été élaborés. Pour l'instant, ils sont destinés à trois principaux contextes:

  • Un enquêteur interrogeant un suspect.
  • Un parent interagissant avec son enfant.
  • Un chef d'entreprise annonçant une mauvaise nouvelle à ses employés.

Mais attention! Il est nécessaire de rester prudent quant à la façon d'interpréter les émotions dévoilées. En effet, le risque d'attribuer une motivation erronée à une expression faciale est important. Par exemple, une personne peut manifester une brève émotion d'anxiété, non parce qu'elle est en train de mentir, mais parce qu'elle veut donner le meilleur d'elle-même.


Inspiré des travaux de Daniela Ovadia, de Paul Ekman, de Caroll Izard et de Wallace Friesen.



A lire également :