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(Mise à jour: Août 2016)

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Le sadisme : un plaisir déconcertant


Le marquis de Sade, un libertin sulfureux légendaire, dont les textes pornographiques, immoraux et d'une violence insoutenable, ne laissent pas indifférent, a laissé son nom à la postérité. En effet, le sadisme est devenu un mot courant qui désigne la recherche de plaisir, le plus souvent d'ordre sexuel, dans la souffrance infligée à autrui.
Car si la majorité d'entre nous éprouvons un sentiment désagréable en percevant la douleur d'une personne grâce à notre empathie, pour quelques rares individus, la détresse d'autrui déclenche au contraire du plaisir...


Comment peut-on éprouver du plaisir à faire souffrir?

Dès l'enfance, nous sommes conditionnés pour rejeter les mauvais traitements. Par conséquent, dès que nous observons une personne être violentée, un stress se déclenche automatiquement en nous, et ce, même dans le cas où nous savons que les supplices infligés sont simulés et ne causent donc aucune douleur. En somme, notre empathie provoque un sentiment déplaisant à la vue de la souffrance d'autrui, même lorsque celle-ci est simulée.

Chez les personnes sadiques, les circuits cérébraux qui s'activent à la vue de la souffrance d'autrui sont l'insula antérieure, mais aussi l'hypothalamus et le striatum, responsables du plaisir.Au contraire, chez le sadique, la perception de la détresse de ses victimes tend à déclencher du plaisir plutôt que de l'horreur. Et la jouissance éprouvée est bien de nature sexuelle!
C'est un peu comme si l'empathie activait les mauvais circuits cérébraux. Et en effet, chez les personnes sadiques, les régions du cerveau activées à la vue d'actes de torture sont l'insula antérieure, mais également les aires responsables du plaisir, telles que l'hypothalamus ou le striatum.


Le sadisme est-il si rare?

Si la forme sévère du sadisme décrite si-dessus est assez rare, il existe une forme atténuée, plus répandue. Il s'agit généralement de fantasmes sexuels impliquant une humiliation ou une agression. Cette version du sadisme concernerait jusqu'à la moitié d'entre nous!

Enfin, il existe aussi une forme de sadisme ordinaire qui se manifeste dans tous les domaines de la vie. Ce type de sadisme est également assez répandu, mais n'est pas forcément d'ordre sexuel. Il s'agit par exemple d'éprouver une certaine joie intérieure face au malheur d'un rival...


Inspiré des travaux de Sebastian Dieguez, de Fiery Cushman, de Jean Decety, de Michael Seto et de Aisling O'Meara.



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