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La misophonie ou l'intolérance à certains sons


Le misophonie est une intolérance à certains bruits anodins, au point que le quotidien du patient s'en trouve perturbé.Nous sommes tous particulièrement sensibles à certains bruits désagréables comme une craie sur un tableau, une mastication peu discrète, le tic-tac d'une horloge, etc...
Mais pour certains, ce types de sons provoquent une réaction disproportionnée, associant stress, colère, dégoût et agacement ; au point que cela les empêche de vivre normalement. Cette intolérance maladive à certains bruits a un nom: la misophonie.


Quelles sont les caractéristiques de cette pathologie?

Tout d'abord, il est important de préciser que le terme misophonie est récent. En effet, il date de 2000, et à l'heure actuelle, ce trouble est en cours d'étude par les chercheurs. D'ailleurs, la misophonie ne figure pas encore dans le DSM-5 (le manuel diagnostique et statistique des maladies mentales).

Néanmoins, quelques caractéristiques ont déjà pu être identifiées:

  • Il ne s'agit pas d'une phobie, même si les misophones redoutent certains sons et font en sorte de les éviter.
  • La misophonie est sélective, c'est-à-dire qu'un même bruit est plus ou moins bien toléré selon le contexte. Par exemple, une personne grignotant des chips sera mieux supportée qu'un autre individu grignotant également des chips.
  • Il ne s'agit pas d'hyperacousie, c'est-à-dire d'une hypersensibilité de l'ouïe.
  • Le cortex auditif et l'amygdale cérébrale (le centre des émotions) des misophones sont hyperactifs lors de l'écoute d'un son abhorré.

Existe-t-il des traitements adaptés?

La misophonie étant un trouble peu connu, les patients ont parfois du mal à se confier à leurs proches. Aussi, ils ont tendance à mettre en œuvre des stratégies d'évitement.

Néanmoins, des thérapies cognitives et comportementales peuvent aider ces patients. Certaines consistent à apprendre à déplacer son attention lorsque des sons deviennent insupportables. D'autres visent à associer des émotions positives aux bruits abhorrés. Il peut s'agir, par exemple, de réaliser une vidéo sur un loisir apprécié en y intégrant un son détesté.
Une application mobile a même été mise au point. Elle consiste à modifier les sons déclencheurs (leur rythmes, leur volume sonore, etc...) afin de les rendre plus supportables et de s'y habituer plus facilement.


Inspiré des travaux de Judith Chetrit, de Claude-René Jacot, de Reneé San Giorgi et d'Arjan Schröder.



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