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Quand la pression devient trop forte chez les sportifs...


Lorsque l'enjeu est décisif, les sportifs ont parfois du mal à gérer le stress. Par conséquent, ils risquent de rater des gestes qu'ils maîtrise parfaitement.Il arrive parfois que les meilleurs sportifs du monde ratent un geste qu'ils maîtrisent pourtant parfaitement. On peut observer ce phénomène notamment lors des séances de tir au but, à la fin d'un match de foot, alors que la pression est à son comble.
Ce fut le cas, par exemple, de Michel Platini, en 1986, en quart de finale de Coupe du monde, qui envoya le ballon 50 centimètres au-dessus de la barre transversale. Ce fut également le cas de Roberto Baggio, en 1994, en finale de Coupe du monde, qui lui, envoya le ballon directement dans les tribunes...


Le stress est-il le seul responsable de tels échecs?

Bien que divers facteurs soient impliqués dans la performance des sportifs, l'importance de l'enjeu apparaît tout de même capital. En effet, une étude a évalué le poids de trois facteurs principaux dans la performance au moment des tirs au but:

  • La fatigue: elle correspond au temps de jeu du joueur au cours du match.
  • L'habileté à marquer des buts: il s'agit de l'expérience et du poste occupé sur le terrain (attaquant ou défenseur).
  • Le stress psychologique: il est lié au prestige de la compétition et au rang du tir au but (les derniers tirs sont souvent plus décisifs que les premiers).

Les résultats montrent que le stress psychologique est le facteur qui explique le mieux l'échec des footballeurs aux séances de tirs au but.


Comment expliquer une telle chute de performance sous pression?

En fait, dans des circonstances stressantes, il semble que l'attention allouée à des pensées inutiles pendant l'exécution d'un geste technique automatisé réduit les performances des sportifs. Ces pensées inutiles sont variées. Il peut s'agir, par exemple, de souvenirs d'échecs survenus dans un même contexte, ou encore de pensées d'ordre technique (bien placer la balle, bien positionner son pied au moment de frapper la balle, etc...).
Car, si ces pensées techniques sont utiles en entraînement, elles risquent de devenir catastrophiques lorsque le sportif est sous pression. En effet, le réinvestissement de telles pensées interfèrent avec les mécanismes automatiques. De fait, le geste devient plus lent et plus incertain.

Finalement, la meilleure façon de réduire le stress lorsque l'enjeu est décisif, c'est encore de concentrer son esprit sur l'endroit où l'on va placer la balle, et de ne penser à rien d'autre.


Inspiré des travaux de François Maquestiaux, de Guillaume Chauvel et de Geir Jordet.



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