Accueil > Chroniques > Troubles psychologiques > La rançon du succès...

(Mise à jour: Avril 2016)

Auteur :


La rançon du succès...


Le show business peut vite s'avérer dangereux pour la santé psychologique d'une célébrité.Addictions, dépression, suicide, ruine, déchéance physique et psychologique... voilà la tournure tragique que prend parfois le destin des stars.
De tels parcours rappellent ceux de Michael Jackson ou Elvis Presley, qui ont connu une dégradation lente de leur identité. Mais ils évoquent également le club des 27, ces artistes (Hendrix, Morrison, Joplin, Cobain, Winehouse...) qui se sont très vite brûlés les ailes et sont tous morts à 27 ans.

Aussi, depuis quelques années, un nouveau type de stars a émergé. Il s'agit des vedettes de la téléréalité. Or ces nouvelles célébrités semblent encore plus exposées au piège du star system. On en a eu un exemple avec l’ascension fulgurante de Loana (et plus récemment de Nabilla), qui s'est rapidement transformée en une descente aux enfers.


Tout d'abord, comment se déroule la phase d'ascension?

Lorsqu'on se penche sur l'histoire des stars, on note souvent des événements marquants, des manques, des abandons, etc... au cours de leur enfance. Aussi, un besoin farouche de réparation, ainsi qu'une quête d'amour et de reconnaissance pousserait ces individus à persévérer quoi qu'il arrive pour accéder à la notoriété. Et lorsque le succès finit par arriver, la vie de ces nouvelles célébrités s'en trouve totalement bouleversée: les médias, le public, les soirées, les concerts, etc... se multiplient. Ainsi, l’exhalation, mais aussi la fatigue, s'installent.

Ces changements sont si violents et profonds qu'ils provoquent un remaniement de l'identité. En effet, cette phase d'ascension, ou plutôt cet étourdissement merveilleux, laisse une empreinte profonde. Par la suite, la célébrité va rechercher à tout prix à revivre cet enivrement exaltant, avec d'autres succès encore plus forts, avec la drogue, l'alcool, le jeu, etc...


C'est là que s'amorce une descente aux enfers?

En fait, trois processus principaux vont participer à la dégradation de la santé mentale de la vedette:

  • Le sentiment de toute-puissance: la notoriété fait qu'on ne refuse pas grand-chose à une star, et l’ego de celle-ci risque alors d'enfler. Ainsi, la célébrité supporte de moins en moins la frustration et l'attente, elle devient capricieuse. Et bien qu'elle pense progresser, elle est en réalité en pleine régression infantile. D'ailleurs, elle devient de plus en plus dépendante de son entourage. C'est ce que l'on appelle le syndrome de la grosse tête, et il est très difficile d'y échapper. D'ailleurs, à ce sujet, John Lennon avouait qu'il était très difficile de se dire: "Je ne veux pas être le roi, je veux être réel".

  • La perte de l'intimité: la propre image de la star se démultiplie. En effet, les photos quittent l'album de famille pour s'afficher sur les écrans de télévisions, les magazines, etc... Sans compter la presse people et les réseaux sociaux qui investissent encore davantage la sphère privée. Ainsi, la vedette subit une perte de l'intimité. Or, l'intimité est une enveloppe protectrice très précieuse et constitue une partie importante de notre identité.

  • La dépossession de soi: la célébrité devient une marchandise. Et cela est d'autant plus frappant pour les vedettes de la téléréalité qui sont soudainement exposées à des millions de téléspectateurs, sans préparation ni expérience du métier du spectacle (parfois longue et pénible). Ainsi, elles sont considérées comme des produits marchands très lucratifs dans l'industrie du divertissement et risquent d'être complètement dépossédées d'elles-même. Mais cette dépossession de soi concerne également les artistes qui se voient parfois réduit à une chanson, voire à quelques notes, pour les musiciens ; à un personnage, voire à une tirade, pour les acteurs, etc...

Ainsi, la célébrité subit une dégradation globale de son identité, et sa vie psychique est en grand danger.


Inspiré des travaux de Eric Corbobesse, de Drew Pinsky, de Mark Young et de Laurent Muldworf.



A lire également :