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(Mise à jour: Novembre 2014)

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Pourquoi croit-on au paranormal ?


Nous sommes tous plus ou moins attirés par le surnaturel. Aussi, cette croyance aux phénomènes paranormaux semble de plus en plus répandue. En effet, une étude a montré que le nombre de superstitieux a quasiment doublé en 40 ans, en Allemagne. De même, les trois-quarts des Américains croient aux phénomènes paranormaux, que ce soit à la télépathie, à la voyance, au spiritisme, à la précognition, l'astrologie, etc...


Mais pourquoi un tel penchant pour le surnaturel?

A vrai dire, nous avons surtout tendance à rechercher une cause à des phénomènes inexpliqué, et cette attribution causale peut conduire à certaines illusions. Voici les principales erreurs que l'on est susceptible de commettre:

  • Nous avons tous plus ou moins un penchant pour le paranormal. C'est le cas, par exemple, avec le visage de Cydonia sur Mars.La paréidolie: c'est la tendance à voir des images vagues comme décelant une véritable information. C'est notamment le cas avec les visages. En effet, nous avons tendance à voir des visages en peu partout.
    En fait, d'un point de vue évolutionniste, le capacité à reconnaître rapidement un visage hostile était extrêmement importante pour la survie de nos ancêtres. De fait, les aires cérébrales spécialisées dans la reconnaissance des visages se sont particulièrement développées au fil de du temps. Mais en conséquence, nous avons tendance à voir des des yeux et des bouches un peu partout; par exemple, sur un toast, une chips... et même sur Mars!

  • L'illusion de corrélation: c'est le fait de distinguer des liens entre deux phénomènes, là où il n'y en a pas. Par exemple, les personnes souffrant de rhumatisme ou d'arthrite affirment souvent qu'elles souffrent davantage lorsque le climat change. Pourtant, les études ayant analysé les corrélation entre l'intensité de la douleur de ces individus et les données météorologiques de la ville où ils vivaient, n'ont révélé aucun lien. En fait, les participants se souvenaient surtout des jours où ils avaient mal et où le temps changeait, et oubliaient les autres jours.

  • Le dispositif de détection d'agentivité: il s'agit de rechercher un agent responsable de ce que nous observons. En effet, nous avons tendance à attribuer des intentions aux actions que nous observons, même lorsqu'elles en sont dépourvues. Par exemple, une expérience qui consistait à montrer un petit dessin animé dans lequel un cercle, un petit triangle et un grand triangle se déplaçaient de façon aléatoire, a révélé que les personnes ayant visionné cette animation ont imaginé des histoires pour expliquer les déplacements de ces formes géométriques. Elles expliquent, par exemple, que le cercle était amoureux du petit triangle, mais que le grand triangle, jaloux, voulait les empêcher de se réunir, etc... Cette erreur d'interprétation conduit facilement à croire au spiritisme.

Pourquoi certains sont-ils plus irrationnels que d'autres?

Il semblerait que ce penchant plus ou moins prononcé pour les manifestations paranormales soit une affaire d'hémisphère cérébrale. Plus précisément, même si les deux hémisphères cérébraux sont capables d'assurer les mêmes fonctions, chacun est tout de même spécialisé dans des domaines particuliers. Globalement, on peut dire que l'hémisphère gauche gère surtout le langage, les mathématiques et la logique ; tandis que l'hémisphère droit assure davantage la créativité, la reconnaissance des visages et l'imagination.
Or, l'un des deux hémisphères domine toujours plus ou moins l'autre. Ainsi, plus l'hémisphère gauche est dominant et plus l'individu perçoit le monde de façon rationnelle. A l'inverse, plus c'est l'hémisphère droit qui domine et plus la personne perçoit le monde de façon intuitive. Ce sont ces dernières personnes qui sont le plus susceptibles d'adhérer à certaines croyances.


Inspiré des travaux de Richard Wiseman, de Donald Redelmeier, de Amos Tversky, de Fritz Heider et de Justin Barrett.



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