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Novembre 2014 (Mise à jour: Novembre 2014)

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Se détendre et ne rien faire : quelle corvée !


Rester inactif peut-être une source de souffrance pour de nombreuses personnes, qui, de ce fait, cherche à fuir les instants de repos.Durant les quelques instants de détente que nous pouvons avoir dans une journée, plutôt que de rêvasser, nous avons tendance à nous divertir d'une façon ou d'une autre. Et ceci dans le but, justement, d'éviter de nous retrouver seuls avec nos pensées.
Par exemple, nous préférons nous distraire en consultant notre page Facebook, nos emails, en écoutant de la musique, en jouant à des petits jeux sur notre smartphone, etc...

Si bien que notre cerveau reste continuellement en activité, et ne se met que de plus en plus rarement sur un mode de repos que l'on appelle le réseau du mode par défaut.


Mais pourquoi évite-t-on de ne rien faire?

Pour de très nombreuses personnes, rester seul avec ses pensées, ne serait-ce que quelques minutes, procure une certaine gêne, voire de la souffrance. En effet, la plupart des gens détestent ne rien faire et sont heureux lorsqu'ils ont la possibilité de se distraire. Ainsi, 83% des Américains déclarent ne pas prendre un instant pour penser ou se relaxer. Le nombre de Français est certainement équivalent...

Ce désagrément ressenti par les personnes inactives s'explique certainement par le fait que leur attention n'est plus stimulée et elles doivent donc s'occuper elles-mêmes avec leur propres images mentales. Or, lorsqu'on est habitué à réagir sans cesse à des stimulations extérieures, ces images mentales peuvent être difficiles à faire émerger. Il en résulte un sentiment de désorientation et de vide qui peuvent être très déstabilisants et très déplaisants. Au point que la majorité de ces individus préfèrent recevoir un choc électrique, plutôt que de rester inactifs pendant 15 minutes!


Cette fuite de l'inaction affecte-t-elle notre capacité d'introspection?

Maintenir son cerveau dans l'action, au lieu de laisser de temps en temps le réseau du mode par défaut se mettre en marche, risque effectivement d'altérer certaines capacités telles que l'introspection, la récupération, l'apprentissage, etc...
En effet, notre activité cérébrale de repos joue de nombreux rôles, notamment celui de relier différentes zones cérébrales, afin de renforcer certains réseaux de neurones. Or, c'est justement ce déploiement du réseau par défaut qui permet de maintenir et de développer nos capacités d'introspection, d'apprentissage, notre présence éveillée et apaisée au monde, etc...

A ce sujet, Pascal écrivait déjà dans ses Pensées : Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose qui est de ne pas savoir demeurer au repos dans une chambre. Le problème semble encore plus important aujourd'hui, au regard de la multitude de stimulations extérieures auxquelles nous sommes sans cesse exposés.


Inspiré des travaux de Timothy Wilson.



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