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(Mise à jour: Novembre 2015)

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Le rôle essentiel du bonheur


Etre heureux, c'est savoir qu'on l'est. Sylvain Tesson.Nous traversons tous des périodes difficiles dans notre vie. Et face au malheur, le bonheur nous est d'une grande aide. En effet, il nous rend capable de supporter la souffrance, l'échec, la maladie, la trahison, etc...
Ainsi, le bonheur semble être davantage une nécessité qu'un but à atteindre, car il permet d'élever notre condition au-delà de la simple survie. Le bonheur semble donc remplir plusieurs fonctions essentielles...


Quelles sont les fonctions du bonheur?

Les études scientifiques réalisées sur ce sujet mettent en lumière trois principales fonctions du bonheur:

  • Une fonction protectrice: face au tragique de notre condition de mortel et au sentiment de fragilité et d'éphémère qui en résulte, nous avons un besoin accru d'estime de soi, de lien social, d'activités plaisantes, etc... bref, nous avons besoin de moments de bonheur. Aussi, il s'avère que ce sont les activités qui mobilisent toute notre attention et que l'on maîtrise un minimum, qui procurent le plus de plaisir. Il peut s'agir d'un sport, d'une création artistique, d'un travail intellectuel, du bricolage, etc... D'ailleurs, lorsque cet effort volontaire engage le corps et l'esprit de façon optimale, le sentiment de bien-être ressenti peut s'approcher de l'état de grâce (ou fluide psychologique).

  • Une fonction réparatrice: les émotions positives, en plus d'alléger la souffrance, permettent de prendre du recul. Plus précisément, elles permettent de considérer tous les aspects de l'existence (positifs et négatifs) et ainsi, de ne pas se focaliser uniquement sur les difficultés. En outre, cette capacité de pouvoir ressentir des émotions agréables malgré la tristesse favorise la résilience. Par exemple, à la perte d'un être cher, sentir l'amitié et l'amour autour de soi offre un lien avec la vie qui continue et évite ainsi l’effondrement et le néant.

  • Une fonction intégratrice: Prendre pleinement conscience des moments de bonheur, même infimes, et accorder de l'importance à l'instant présent augmente le bien-être. Plus précisément, cela favorise l'accès à un équilibre émotionnel en accordant une juste place aux émotions négatives, c'est-à-dire en acceptant l'adversité sans pour autant la ruminer ni la fuir. En outre, cette vision réaliste du monde limite l'émoussement du bonheur. En effet, lorsqu'une source de bonheur se présente dans notre quotidien, nous finissons par nous y habituer et nous ne nous en réjouissons même plus. C'est seulement lorsque nous en sommes privés que nous en prenons à nouveau conscience. Par exemple, c'est uniquement quand notre chauffe-eau tombe en panne que nous prenons pleinement conscience du bonheur de prendre une douche chaude.

Existe-t-il des pratiques du bonheur?

Certaines pratiques sont, en effet, susceptibles d'élever notre niveau de bonheur. En voici quelques-unes:

  • Entretenir un lien étroit avec ses proches en partageant des activités avec eux, en les aidant, en les remerciant, etc...
  • S'engager dans une activité plaisante qui demande un effort. Par exemple, jouer d'un instrument de musique, bricoler, jardiner, etc...
  • Rester au contact de la nature en se promenant régulièrement en forêt, dans la campagne, au bord de la mer, etc...
  • Accepter l'adversité, c'est-à-dire ne pas s'irriter à chaque difficultés quotidiennes. Considérer plutôt celles-ci comme normales et non comme des catastrophes relevant de la malchance ou de notre incompétence.
  • Prendre conscience des bons moments en repensant à quelques instants agréables avant de s'endormir et en faisant quelques pauses dans la journée.

Ainsi, au-delà du ressenti agréable qu'il procure, le bonheur est surtout un outil d'ouverture au monde et joue ce rôle fondamental de protection et réparation.


Inspiré des travaux Christophe André, de Mihalyi Csikszentmihalyi et de Barbara Frederickson.



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