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Mars 2014 (Mise à jour: Mai 2015)

Les nouvelles technologies de communication génèrent-elles de l'anxiété?


Les nouvelles technologie de la communication, et notamment les réseaux-sociaux, peuvent parfois devenir anxiogènes.Le monde de la communication connaît, depuis une vingtaine d'années, un essor sans précédent. Ainsi, grâce à internet et la téléphonie mobile, il est possible de communiquer et d'être joint en permanence, n'importe où dans le monde.

Une telle évolution n'est pas sans conséquence sur notre mode de vie. En effet, les relations sociales, professionnelles et même familiales ont été bouleversées par ces nouvelles technologies, quelque fois en bien, mais quelque fois aussi en mal. En bref, on peut dire que ces nouvelles formes de communication facilitent les contacts autant qu'elles les dégradent.


Quelles sont les conséquences des outils modernes de communication sur les relations humaines?

Vivre dans une même ville toute une vie est devenu très rare. Le travail impose de plus en plus de déménager d'une ville à l'autre, voire d'une pays à l'autre. Cette mobilité fragilise les contacts sociaux et familiaux, les rendant plus instables et éphémères. Ici, internet et les réseaux sociaux jouent un rôle positif dans la mesure où ils permettent de réintroduire de la stabilité et de la permanence dans les relations humaines.
Par exemple, la webcam permet aux grands-parents, non seulement de communiquer régulièrement avec leurs enfants partis vivre à l'étranger, mais également de voir leur petits-enfants grandir et de nouer un lien plus étroit avec eux. Ou encore, les réseaux sociaux compensent la distance qui nous sépare de nos amis et permettent d'avoir régulièrement de leurs nouvelles.

Néanmoins, ces mêmes moyens de communication peuvent aussi devenir une véritable source d'anxiété, au point que deux nouveaux termes ont vu le jour récemment pour qualifier ce stress numérique: la nomophobie et la FOMO. La nomophobie (no mobile-phone phobia) correspond à la peur d'être séparé de son portable, tandis que la FOMO (fear of missing out) se définit par la peur de rater quelque chose.


Comment se manifestent ces angoisses?

La nomophobie fait surtout référence à la dépendance. En effet, le bien-être de ces individus dépend de la présence ou non de leur téléphone portable. Plus précisément, les personnes nomophobes ressentent le besoin d'être joignables à tout moment et deviennent très anxieuses dans les situations suivantes:

  • Lorsque leur téléphone n'a plus de batterie ou de crédit.
  • Lorsqu'elles ont perdu leur portable.
  • Lorsqu'il n'y a pas de couverture réseau.

En revanche, la FOMO (ou anxiété de ratage) se réfère d'avantage à une menace d'exclusion. Plus précisément, cette angoisse rappelle une anxiété infantile: l'anxiété de séparation. Celle-ci peut se traduire par une sorte de menace d'être exclu du désir de l'autre, notamment de ses parents, et crée le besoin de rester constamment en contact avec eux.
Et cette menace d'exclusion est effectivement présente sur les réseaux sociaux où les relations se font et se défont à coup de clics. En effet, une certaine impulsivité relationnelle se manifeste: on peut éliminer ou être éliminé d'un cercle d'"amis" à tout moment.
Or, ce type d'environnement relationnel, basé sur le virtuel et l'instantané, est particulièrement anxiogène. Il tend à rendre les relations humaines instables, éphémères et en quelque sorte abstraites, créant alors un vide existentiel angoissant. De fait, se connecter aux réseaux sociaux, écrire et répondre à des messages sur Facebook, Twitter ou autres forums est une manière de remplir ce vide personnel et paradoxalement, de l'amplifier...


Inspiré des travaux de Jean-Charles Nayebi.



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