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(Mise à jour: Mai 2014)

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Pourquoi aimons-nous les musiques mélancoliques ?


Bien que la tristesse nous rebute, nous apprécions les musiques tristes. Comment expliquer un tel paradoxe?De façon générale, nous avons tendance à aimer les musiques tristes. Pourtant, nous n'aimons pas être triste... Ainsi, notre goût pour les airs mélancoliques semble bien ambigu.
En effet, comment pouvons-nous aimer des choses à forte connotation négative et qui évoquent des émotions tristes, alors que la tristesse nous rebute?
Peut-être parce qu'une mélodie triste procure également du plaisir et aussi parce qu'elle n'est pas si douloureuse....


Mais comment une musique triste peut-elle susciter du bien-être?

Lorsque nous écoutons un morceau de musique, triste ou non, et qui nous est familier, nous sommes le plus souvent dans l'attente d'un passage particulier. Il en est de même pour les nouvelles mélodies: notre oreille s'attend, de façon implicite, à entendre telle ou telle note de la partition. Il s'agit en fait d'une attente musicale, nommée mouvements d'anticipation sensorielle.

Aussi, ce type de mouvements d'anticipation (qu'elle soit sensorielle, affective ou cognitive) mobilisent le centre du plaisir de notre cerveau. Ainsi, lorsque l'anticipation est satisfaite, c'est-à-dire, dans le cadre de la musique, lorsque la note attendue est jouée, nos circuits cérébraux du plaisir s'activent fortement. Notre bien-être s'accroît alors considérablement à cet instant.


Mais la musique mélancolique ne rend-elle pas triste pour autant?

Une mélodie triste évoque effectivement de la tristesse, mais sans pour autant provoquer de douleur. En effet, un air triste ne fait qu'évoquer un état émotionnel passé. Il ne reproduit pas la douleur affective (par exemple, une séparation, un deuil, etc...) associée à cet état émotionnel.

En somme, lorsque nous écoutons une musique mélancolique, la tristesse évoque seulement le souvenir d'une peine passée. Il s'agit en quelque sorte d'une nostalgie.


Inspiré des travaux de Ai Kawakami.



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