Accueil > Chroniques > Troubles psychologiques > Le stress urbain et ses répercussions sur la santé mentale

(Mise à jour: Mai 2014)

Auteur :


Le stress urbain et ses répercussions sur la santé mentale


L'urbanisation connaît actuellement un développement sans précédent dans l'histoire l'humanité. En effet, les citadins représentent aujourd'hui plus de la moitié de la population mondiale et ils en représenteront probablement les deux tiers en 2050. Ce bouleversement n'est pas sans conséquence, notamment sur le plan de la santé.
En effet, bien que vivre en ville présente certains avantages (par exemple, un meilleur accès aux soins), elle présente également de nombreux d'inconvénients dont le principal est certainement le stress lié au bruit, à l'agitation, à l'espace restreint, à la pollution, etc...


Y a-t-il un lien entre le stress urbain et le développement de troubles psychologiques?

Des études épidémiologiques révèlent qu'en effet, la fréquence de troubles mentaux tels que les troubles anxieux, la dépression ou encore la schizophrénie, est plus élevée dans les villes que dans les campagnes.
Pour autant, sans analyse plus approfondie de cette corrélation entre stress urbain et santé mentale, on ne peut pas affirmer que ce soit forcément le stress social qui favorise le développement de telles maladies mentales. En effet, on pourrait, par exemple, expliquer ce lien par le fait que les personnes souffrant d'un trouble psychique tendent à s'installer en ville pour être proche d'un centre de soin.


Comment analyser l'influence du stress urbain sur la santé mentale?

L'activité de l'amygdale cérébrale et du cortex cingulaire antérieur périgénual est modifiée chez les individus les citadins, victimes du stress urbain.Pour mieux comprendre le lien entre le stress social et les troubles mentaux, il est nécessaire d'en étudier les mécanismes sous-jacents. Pour ce faire, un moyen efficace est d'analyser l'activité cérébrale de personnes vivant à la campagne et soumises à un stress particulier, puis de la comparer à celle d'individus vivant en ville et soumis à ce même stress.

Et les résultats sont sans équivoque. En effet, ils montrent que l'activité de deux petites zones du cerveau, l'amygdale et le cortex cingulaire antérieur périgénual, est proportionnelle à la taille de la ville dans laquelle on vit et surtout dans laquelle on a grandi.
Or, ces deux régions corticales sont impliquées dans la régulation des émotions négatives et les réactions face au danger. Aussi, ces aires cérébrales présentent un dysfonctionnement chez les personnes souffrant d'anxiété et de dépression (il s'agit notamment d'une suractivité de l'amygdale), mais également chez les schizophrènes (pour ces derniers, c'est surtout le cortex cingulaire antérieur périgénual qui est touché).

Ainsi, le stress social semble modifier le fonctionnement cérébral et augmenter le risque de développement d'un trouble mental.


Inspiré des travaux de Andreas Meyer-Lindenberg, et de Florian Lederbogen.



A lire également :