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La définition de Winnicott


Donald Woods Winnicott, pédiatre et psychanalyste (1896-1971).Donald Woods Winnicott est un pédiatre et un psychanalyste britannique. Il est né à Plymouth, en 1896. Il est mort à Londres, en 1971.


Le parcours de Winnicott

A partir de 1923, Winnicott travaille pendant une quarantaine d'années au Paddigton Green Children's Hospital comme médecin pédiatre. De plus, dans les années 1930, il commence une analyse personnelle. Ainsi, en 1935, il devint membre de la Société britannique de psychanalyse, et président de 1956 à 1959 puis de 1965 à 1968.
Enfin, Winnicott a écrit une oeuvre psychanalytique considérable. Parmi ses ouvrages, on peut citer Through Paediatrics to Psycho-Analysis (1957), L'enfant et sa famille (1957), The Maturational Processes and the Facilitating Environment (1965), ou encore, Human Nature (1988).


La position de Winnicott vis-à-vis des traitements par électrochocs

L'intérêt de Winnicott pour la convulsion utilisée comme traitement par électrochocs est sans doute moins connu. Il était très réticent, pour ainsi dire opposé, à ces traitements. Ses objections étaient que, d'une part, il n'accepterait pas de subir lui-même un tel traitement, et que d'autre, ce traitement attire en psychiatrie des médecins n'ayant pas la formation qui convient, qu'il nuit à l'esprit scientifique médical et que l'on peut s'en servir dans le traitement de la dépression, qui touche souvent des gens de grande valeur. Aussi, ses nombreuses interventions dans le British Medical Journal argumentèrent sa position.


Les auteurs qui ont inspirés Winnicott

Cette position était celle d'un psychanalyste voulant apporter une contribution nouvelle à la position psychiatrique. Pour cela, Winnicott s'appuyait beaucoup sur l'oeuvre de Sigmund Freud, notamment en ce qui concerne la relation du patient à la réalité, le symptôme et l'étiologie. Ainsi, pour lui, l'anamnèse dérive du matériel révélé au cours de la psychothérapie. Les troubles des psychonévroses, au centre desquels se trouvent l'angoisse de castration et le complexe d’œdipe, s'inscrivent alors dans ce qu'il appelle chez Freud l'hypothèse structurale de la personnalité.
Pour l'étude des psychoses, il se réfère d'abord à Sándor Ferenczi, puis à Melanie Klein. Son souci d'une adaptation particulière de la technique psychanalytique apparaît alors.


Le vrai self et le faux self

Le moi du nourrisson, dépendant d'un soutien du moi, adaptation fournie par la mère ou la figure maternelle, permet à Winnicott de développer le processus de l'absorption des éléments des soins maternels. Plus précisément, il développe l'idée selon laquelle le vrai self ne le devient que s'il est la conséquence d'une réussite répétée des réponses de la mère, soit au geste spontané du nourrisson, soit à son hallucination sensorielle, ce qui peut se dire réalisation symbolique. Selon lui, le geste ou l'hallucination étant rendus réels, la capacité d'utiliser un symbole suit, elle en est la conséquence. Ainsi, l'enfant peut jouir de sa capacité d'illusion. Il a pu croire que la réalité extérieure se comportait comme par magie et d'une manière qui ne heurtait pas son omnipotence, à laquelle il peut désormais renoncer. Il peut jouer et imaginer.
C'est le premier cas: les fondements de la formation symbolique se constituent. Si, entre l'objet partiel maternel et le nourrisson, ce quelque chose, quelque activité ou sensation, sépare au lieu de lier, la formation symbolique est bloquée. Ce second cas aboutit à un tableau clinique qui présente une instabilité généralisée et divers troubles, dont ceux de la nutrition. Un faux self se met alors en place. Celui-ci se soumet par nécessité aux exigences de l'environnement, soumission et imitation en sont la spécialité. Il se peut qu'une vie personnelle existe au travers de l'imitation, que l'enfant joue un rôle, celui du vrai self, comme il le ferait s'il avait existé. Ainsi, ce faux self est une défense, défense à un défaut d'identification de la mère avec son nourrisson.
Le vrai self est, selon Winnicott, étroitement lié à l'idée du processus primaire, il est simplement primaire. Il dit aussi que le vrai self apparaît dès qu'il existe une quelconque organisation mentale de l'individu et qu'il n'est pas beaucoup plus que la somme de la vie sensorimotrice. Par la suite, des ruptures dans l'existence de ce vrai self, des expériences réactionnelles de faux self seront possibles. Le faux self amènera aussi des possibilités de compromis dans la conduite sociale. Ces compromis seront remis en question par l'adolescent.


Les conséquences du faux self sur la pratique psychanalytique

Cette notion de faux self a des conséquences importantes dans la pratique psychanalytique. en effet, l'analyse devient interminable car le travail se fait à partir du faux self, et, lors du passage du contact avec le vrai self du patient, la dépendance extrême qui amène l'entourage à soigner ce patient met l'analyste en position de fonctionner comme faux self.
Si, par contre, le praticien comprend immédiatement ce qui est nécessaire, il y a retrait, maintien du self, et régression. Ainsi, le psychanalyste maintient et joue un rôle dans une relation où le patient est régressé et dépendant. Plus le psychanalyste accepte cette régression et y fait face, moins il est probable que le patient ait recours à une maladie d'allure régressive.


L'agression selon Winnicott

Winnicott emploie le terme Agression pour étusier de ce que nous appelons l'agressivité. Quelque chose se passe dans l'individu, qui n'entraîne pas obligatoirement des changements de comportement, quelque chose du domaine d'une fonction partielle, de l'expression primitive de la libido. Le corps et les idées s'enrichissent et accomplissent l'idéation, la réalisation symbolique dont il a déjà été question à propos du self. Ainsi, il y a diverses étapes de l'agressivité, à différents stades du développement. Ces étapes appartiennent au stade de la personnalité totale. Elles trouvent leur source dans des moments très précoces de cruauté d'avant l'intégration de la personnalité, où la pulsion trouve sa satisfaction dans la destruction.
La racine de l'élément destructeur se trouve dans la pulsion libidinale primitive, c'est-à-dire le ça. Cet élément est lié à la motricité. Cependant, quelle que soit cette qualité d'un environnement suffisamment bon, Winnicott remarque que les éléments agressifs et les éléments libidinaux ne sont pas nécessairement fusionnés. D'où cette idée d'une agressivité qui précède l'intégration du moi, intégration qui rend possible la colère devant une frustration instinctuelle et qui fait que l'expérience érotique est une expérience vécue.
Ainsi, selon Winnicott, l'impulsivité et l'agressivité amènent l'enfant à rechercher un objet externe. D'où la notion d'objets transitionnels qu'il a introduit. Aussi, penser et fantasmer peuvent se rattacher à ces expériences. L'origine du symbolisme pourrait donc se trouver sur ce chemin qui passe du subjectif à l'objectif et que traduit l'objet transitionnel. Aussi, ces objets et ces phénomènes appartiennent au domaine de l'illusion, possibilité ultérieure des arts, du religieux, de la vie imaginative, des créations.


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