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La définition de Valeur


En psychologie, on emploie souvent le mot valeur avec un adjectif (par exemple, la valeur renforçatrice, la valeur motivatrice, la valeur incitatrice, etc...). On peut également parler de valeur négative, en tenant compte de la bipolarité inhérente au concept.


La valeur en logique

En logique, la valeur désigne la modalité d'une variable et notamment d'un attribut. Toute variable est conçue comme un ensemble de valeurs possibles. De la même façon, un attribut dans une représentation cognitive est aussi conçu comme un ensemble de valeurs possibles, qui peuvent être qualitatives ou abstraites. Par exemple, vert, rouge, jaune, etc..., sont autant de valeurs de l'attribut général couleur et celui-ci peut en comporter au total un très grand nombre. En revanche, on considère généralement qu'une représentation d'objet porte avec elle la gamme de ses valeurs possibles. Par exemple, la représentation de pomme inclut la connaissance qu'il en existe des vertes, des jaunes, des rouges, etc., mais non des bleues ou des violettes.
Par contraste avec ces attributs à multiples valeurs (le multivalents), certains attributs ont seulement, par leur structure même, deux valeurs. Ils sont donc bivalents. Par exemple, sexe a seulement les deux valeurs mâle et femelle.


La valeur en sociologie

D'un point de vue social, la valeur désigne la croyance partagée concernant ce qui est désirable ou utile, c'est-à-dire ce qui doit être prescrit ou proscrit, en matière de comportements et de finalités. Bien que les croyances aux valeurs soient activées par des objets ou des situations spécifiques, elles se caractérisent par leur extrême généralité. De ce fait, elles servent de principes en fonction desquels les gens choisissent et évaluent les comportements, les événements et les états.
Ainsi, pour Theodore Newcomb, Ralph Turner et Philip Converse (1965), les valeurs constituent l'un des objets focaux de l'organisation des attitudes. Par exemple, une valeur dominante comme le pacifisme constitue un objet focal autour duquel s'organise un ensemble d'attitudes concernant aussi bien le service militaire que l'utilisation de l'impôt pour la fabrication d'armements ou les droits de l'individu en période de crise nationale.
Très tôt, les recherches ont consisté à identifier les valeurs fondamentales auxquelles se réfèrent les gens et à les constituer en systèmes. Différentes typologies ont été proposées. Elles se différencient tantôt sur les domaines d'application, tantôt sur les buts. Ainsi, la typologie de Nicholas Rescher (1969) distingue:

  • Les valeurs concernant les choses: il s'agit, par exemple, de la robustesse d'un appareil).
  • Les valeurs concernant l'environnement: il s'agit, par exemple, de la propreté d'une forêt.
  • Les valeurs concernant les individus: il s'agit, par exemple, de l'intelligence.
  • Les valeurs concernant les groupes: il s'agit, par exemple, de la confiance envers le corps médical.
  • Les valeurs concernant la société: il s'agit, par exemple, de l'égalité.

Tandis que la typologie de Gordon Allport, Philip Vernon et Gardner Lindzey (1951) distingue six sortes de valeurs:

  • théorique,
  • pratique,
  • éthique,
  • sociale,
  • liée au pouvoir,
  • religieuse.

Ou encore, la typologie de Shalom Schwartz (1992) répertorie dix types de valeurs explicitement formulés en types de buts:

  • le pouvoir,
  • l'accomplissement,
  • le plaisir,
  • la recherche de sensations,
  • l'autodétermination,
  • l'universalisme,
  • la bonté,
  • le maintien des traditions,
  • la conformité,
  • la sécurité.

Par ailleurs, même s'il existe un consensus parmi les psychologues sociaux lorsqu'ils parlent des valeurs, le concept de valeur recouvre tout de même des réalités très diverses lorsqu'il est référé à l'activité évaluative et aux jugements de valeur. Dans ce cas, on ne parle plus des valeurs mais de la valeur.


Les registres de significations du concept de valeur

Aussi, lorsqu'on parle de valeur, on peut mobiliser différents registres de significations de ce concept qui correspondent à plusieurs dimensions de la valeur d'un objet, d'un événement ou d'un état.

  • Le registre des affects: on peut exprimer les affects positifs ou négatifs que l'on ressent à l'égard de tel objet ou de telle personne.

  • Le registre des motivations et des buts: le concept de valeur peut aussi dénoter l'aspect fonctionnel des objets et des personnes en rapport avec un but ou un objectif. Il faut souligner que cette valeur fonctionnelle peut très bien se transformer par association en valeur affective.

  • Le registre fonctionnel et organisationnel: le concept de valeur peut renvoyer aux fonctionnements sociaux et organisationnels. Ici, il traduit l'utilité sociale des gens et de leurs comportements ainsi que celle des objets ou états. Ainsi, si les élèves brillants sont préférés aux élèves en difficulté, c'est parce que les premiers sont plus utiles que les seconds dans le système scolaire et social. En effet, ils réussiront davantage aux examens et pourront mieux que les autres s'insérer dans le système productif de la formation sociale.

  • Le registre de signification: le concept de valeur se réfère aux idéologies qui se déploient dans une formation sociale. Dans ce cadre, la valeur est synonyme de fin. On retrouve ici les grandes valeurs comme la liberté, l'égalité, le savoir, l'accomplissement, etc... C'est précisément là que se situe un système de valeurs comme celui de Schwartz.

  • Le registre moral: le concept de valeur se réfère à des principes moraux universels, si tant est qu'il y en est.

L'acquisition de la valeur

Si les valeurs guident les comportements, on doit s'intéresser aux processus par lesquels elles acquièrent cette capacité. Deux explications semblent possibles.
La première consiste à considérer que les valeurs sont des réalités psychologiques naturelles dont la réalisation repose sur le développement de l'homme. Par exemple, pour Jean Piaget et Lawrence Kohlberg, le développement moral résulte du développement des capacités cognitives. Aussi, avec l'évolution de ses capacités cognitives, l'enfant dépasse le stade initial des sanctions pour atteindre d'abord le stade d'une appréhension conventionnelle des règles, puis celui d'une articulation de principes généraux proprement moraux.
La seconde explication consiste à considérer les valeurs comme des réalités sociales externes que l'enfant doit internaliser. Par exemple, pour Albert Bandura et pour Richard Shweder et Nancy Much, les valeurs sont données par l'environnement social et/ou dans la culture, et l'enfant apprend par le biais des pratiques éducatives et/ou par la pratique communicationnelle à faire siennes ces valeurs.


La valeur sélective

Dans le cadre de la théorie synthétique de l'évolution, la valeur sélective correspond à la probabilité conférée à un individu, par telle ou telle de ses caractéristiques génétiques propres, de transmettre une partie de ses chromosomes à la génération suivante, et donc de contribuer au pool génique de la population.
En génétique comportementale, une des problématiques importantes est précisément de rechercher si des variables de l'ordre du comportement sont susceptibles de contribuer à la valeur adaptative d'un individu. Par exemple, au-delà des propriétés biologiques de fécondité et de fertilité potentielles, on peut se demander si la vigueur sexuelle déployée par les mâles de drosophile, au cours de la parade nuptiale qui prélude à l'accouplement, contribue à la pérennité d'une partie de leur bagage génétique?


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