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La définition de Syndrome psychomoteur


Le syndrome psychomoteur correspond à une description neuropathologique de troubles moteurs catégorisés en fonction des régions cérébrales impliquées dans leur production et en concordance avec des perturbations psychiques prédominantes.


Le lien entre la motricité et la cognition

La mise en évidence de syndromes psychomoteurs rend compte du lien indissociable entre motricité et cognition (ou sociocognition) dans les formes pathologiques de fonctionnement psychologique. Elle personnalise la fonction motrice dans sa double fonction effectrice et expressive en récusant les approches qui considèrent la motricité comme une simple fonction instrumentale. Par ailleurs, le syndrome psychomoteur correspond à une forme accentuée du type psychomoteur.
C'est à Henri Wallon que revient l'une des présentations les plus célèbres des syndromes psychomoteurs, dans une perspective à la fois développementale et inspirée des neurosciences de son époque. Son travail prolonge les travaux d'Ernest Dupré, qui avait isolé un syndrome de débilité motrice et mentale avec aptitude inhabituelle de l'enfant à maintenir la position d'un membre sans fatigue apparente. Il est aussi dans la ligne des travaux de Michel Gourevitch qui avait distingué des syndromes par les atteintes neurologiques supposées (système extrapyramidal, pyramidal, frontal, cortico-cérébral) et les avait nommés par le nom du premier auteur à l'avoir identifié (syndrome pyramidal de Dupré, cortico-projectif de Wallon, etc...).


Le syndrome d'asynergie motrice et mentale

Ce syndrome rend compte d'une insuffisance cérébelleuse. Il se manifeste par:
les difficultés de régulation du tonus dans la prise et le maintien d'attitudes,

  • le manque de précision et de régularité des mouvements,
  • le déséquilibre de la marche,
  • l'instabilité d'orientation corporelle,
  • la maladresse,
  • l'adadiococinésie (l'incapacité à faire la marionnette),
  • l'inconsistance des attitudes,
  • l'asynergie verbale (défaut d’articulation, écholalie, débit morcelé).

Les perturbations tonicomotrices s'accompagnent de décharges émotionnelles qui, sans nuances ni intermédiaires, altèrent la modulation de l'émotion et la finesse des mimiques. On relève des troubles sévères du langage qui s'avère dépourvu de syntaxe, logorrhéique. La distinction moi/non-moi est mal établie. Aussi, les repères corporels et temporels sont confus. Enfin, l'usage d'instrument est très perturbé par défaut d'intention de l'action.


Le syndrome d'hypertonie

Ce syndrome présente plusieurs formes qui correspondent à un dysfonctionnement du système extrapyramidal. Il se manifeste au plan moteur par:

  • une crispation de la face,
  • une voix rauque,
  • de nombreuses syncinésies,
  • le mouvement est perturbé par des tremblements,
  • une rigidité plastique.

L'enfant hypertonique se présente comme agité, hyperactif, avec des difficultés à focaliser l'attention et opérer des combinaisons mentales. On remarque une anxiété anormale et une exagération des conduites d'opposition à autrui. Tout se passe comme si l'activité était dirigée par des motifs extérieurs ou immotivée par un objet mental.


Le syndrome d'automatisme émotivo-moteur

Ce syndrome se traduit par l'asymétrie des fonctions motrices et l'instabilité. Les coordinations motrices ne sont exécutables que par enchaînement automatique, sans interventions de représentations conscientes ou intentionnelles. Ce syndrome est en relation avec un dysfonctionnement des structures optostriées thalamiques.
On remarque des brusques variations émotionnelles avec alternance de décharges impulsives et d'élans de tendresse. Aussi, à la différence du tableau précédent, ce syndrome n'altère pas l'activité intellectuelle dans son efficience mais joue fortement dans le domaine émotionnel qui est particulièrement mal contrôlé. L'enfant se montre exagérément exigeant vis-à-vis d'autrui. Le syndrome d'insuffisance frontale (préfrontale) gêne l'orientation mentale, c'est-à-dire le maintien de l'intention, la coordination des moyens et des buts, la planification de l'action. Il se traduit par l'alternance d'agitation et d'inertie. L'attention est papillonnante et correspond à une forme exagérée de l'intérêt non sélectif du jeune enfant pour les changements dans le milieu.


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