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La définition de Symptôme


En psychanalyse, un symptôme désigne un phénomène subjectif qui constitue non pas le signe d'une maladie, mais l'expression d'un conflit inconscient.


Le symptôme selon Freud

Pour Sigmund Freud, le mot symptôme prend un sens radicalement nouveau à partir du moment où il peut poser que le symptôme de conversion hystérique, généralement tenu pour simulation, est en fait pantomime du désir inconscient, expression du refoulé.
Le symptôme, d'abord conçu comme la commémoration d'un traumatisme, se définira plus justement ensuite comme l'expression d'un accomplissement de désir et la réalisation d'un fantasme inconscient servant à accomplir ce désir. Dans cette mesure, il est un retour d'une satisfaction sexuelle depuis longtemps refoulée, mais il est aussi une formation de compromis dans la mesure où le refoulement s'exprime aussi en lui. C'est sur la formation de compromis que vont insister les post-freudiens.


Le symptôme selon Lacan

En 1958, Jacques Lacan commence par dire que le symptôme « va dans le sens d'un désir de reconnaissance, mais ce désir reste exclu, refoulé ». S'intéressant au réel comme pris dans une relation singulière avec le symbolique et l'imaginaire, Lacan remarque que le symptôme n'est pas que le signe d'un dysfonctionnement organique, au même titre que le symptôme fonctionne normalement pour le médecin et son savoir médical: « il vient du Réel, il est le Réel ».
Précisant sa pensée, il explique que « le symptôme, c'est l'effet du symbolique dans le réel ». Aussi, en 1975, il ajoute que le symptôme, c'est ce que les gens ont de plus réel. N'ayant que peu à faire avec l'imaginaire, le symptôme n'est pas une vérité qui relève de la signification. S'il est « la nature propre de la réalité humaine », la cure ne peut en aucun cas consister à éradiquer le symptôme en tant qu'effet de structure de l'individu. En ce sens, il ne peut d'ailleurs être dissocié des autres ronds du nœud borroméen proposé par Lacan pour présenter sa doctrine, le réel, le symbolique et l'imaginaire. Certains symptômes ont une fonction de prothèse. Si l'imaginaire se dérobe au croisement du symbolique et du réel, il est possible de le nouer aux deux derniers pour éviter ce dérapage.
Par ailleurs, Lacan en vient à l'hypothèse d'un nœud qui comprendrait d'emblée quatre termes: le quatrième rond, qui, là aussi, est défini comme symptôme, est à la fois en relation avec le complexe d'œdipe et le Nom-du-Père. Cependant, comme le souligne Lacan dans, on est bien en droit d'attendre que la cure psychanalytique fasse disparaître les symptômes.
Lacan précise que « les névrosés vivent une vie difficile et nous essayons d'alléger leur inconfort... Une analyse n'a pas à être poussée trop loin. Quand l'analysant pense qu'il est heureux de vivre, c'est assez ». Une séparation d'avec l'objet d'amour, par exemple par une interprétation sauvage, surtout si elle est juste, peut être justement catastrophique. C'est pourquoi, bien qu'en termes métaphoriques et avec des contradictions, Lacan a créé le terme de sinthome pour désigner le quatrième rond du nœud borroméen, et pour signifier que le symptôme doit tomber, ce que sous-entend son étymologie, et que le sinthome est ce qui ne chute pas, mais ce qui se modifie, se change pour que restent possible la jouissance, le désir.


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