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La définition de Suicide


Le suicide désigne l'acte de se donner soi-même la mort. Le suicide est soit un acte rationnel, exécuté en fonction de considérations morales, sociales, religieuses, philosophiques ou personnelles, soit au contraire un acte pathologique survenant alors au cours de l'évolution de diverses affections mentales (dépression, délire chronique, démence, confusion, etc...) ou d'une crise existentielle aiguë sous forme d'un raptus anxieux auto-agressif, raptus très différent du suicide prémédité de certains mélancoliques ou délirants.


Les fonctions du suicide

L'acte suicidaire peut avoir trois fonctions différentes:

  • Soit il s'agit de l'évitement, de la fuite d'une situation inacceptable ou trop douloureuse (par exemple, les suicides de certains cancéreux).
  • Soit c'est une véritable conduite autoagressive, par retournement d'une intense agressivité contre soi-même. c'est le cas, par exemple, de la dépression mélancolique).
  • Soit c'est un appel au secours, une sorte de message désespéré adressé à un entourage jugé trop indifférent ou hostile.

Dans ce dernier cas, sans doute le plus fréquent, il ne s'agit parfois que d'une tentative de suicide, plus ou moins spectaculaire, s'accompagnant d'un appel à autrui pour qu'il intervienne. Mais si cette intervention s'est fait attendre, ou si le message n'a pas été transmis, la tentative se réalise du fait que les secours ne sont pas arrivés à temps, comme dans ces nombreux cas d'intoxication médicamenteuse où le S.A.M.U. arrive trop tard.


Les facteurs du suicide

La solitude reste en tout cas un des facteurs les plus importants. Elle s'accompagne généralement d'un sentiment de rejet. Cela correspond finalement aux premières recherches de Émile Durkheim, qui constatait, en 1897, que les suicides augmentaient en fonction du relâchement des liens familiaux et de l'isolement social. Ce dernier est certainement à l'origine de très nombreux suicides. Aussi, le cas de Véronique Le Guen, une jeune spéléologue de 33 ans qui a été trouvée morte dans sa voiture après avoir absorbé une forte dose de barbituriques, en est presque une illustration expérimentale. En effet, elle venait de passer 111 jours seule, au fond d'un gouffre et en était sortie assez éprouvée.
Par ailleurs, c'est surtout aux deux extrémités de la vie que le suicide est devenu beaucoup plus fréquent qu'autrefois. Chez les adultes jeunes, et les adolescents, le phénomène suicidaire a pris des proportions inquiétantes ces dernières années d'années. C'est souvent devant l'échec, l'impossibilité de s'insérer socialement et professionnellement que l'adulte jeune va se suicider, confirmant la phrase de l'écrivain Drieu La Rochelle : « Le suicide, c'est un acte, l'acte de ceux qui n'ont pu en accomplir d'autres ». Cet acte de désespoir se réalise souvent dans le comportement toxicomaniaque, l'overdose finale venant terminer une trajectoire suicidaire progressive.
Chez l'adolescent, ce sont souvent les séparations du milieu familial, les premières ruptures sentimentales qui provoquent le suicide ou, plus souvent, la tentative suicidaire.
Chez les personnes âgées, le suicide est aussi très fréquent. Si certains cas relèvent d'une pathologie psychiatrique évidente (atteinte démentielle, mélancolie présénile ou sénile), la plupart du temps, il s'agit de la conséquence d'une crise existentielle, expression d'un état névrotique dont les défenses sont débordées ou d'un état dépressif réactionnel survenant au décours d'un événement pénible dont l'impact affectif douloureux se trouve majoré par le déficit du potentiel intellectuel et organique de la sénescence, ainsi que par les conditions de vie sociale défectueuse.


Les suicides collectifs

Le suicide a généralement le sens d'un acte de libération d'une situation jugée pénible, douloureuse et surtout non modifiable. Le suicide collectif a aussi une certaine fréquence. Les amoureux qui, tels Roméo et Juliette, se tuent ensemble restent assez fréquents au Japon. Quant à l'infanticide, il précède souvent le suicide des mères mélancoliques, qui veulent ainsi entraîner dans leur mort leur progéniture pour la sauver d'une situation qu'elles croient, dans leur délire, désespérée.
Il peut y avoir un pacte conclu entre deux personnes qui se sont engagées à mourir ensemble. Quelquefois, l'un des deux candidats endure des douleurs insoutenables et l'autre n'a plus la force d'assister à son martyre ni le courage de survivre. Il arrive également que les deux aspirent à la mort. Généralement, la décision est prise d'emblée d'un commun accord. Nul autre ne se doute de leur secret et les intéressés prennent tranquillement et obstinément leurs dispositions macabres avec une minutie telle que leurs projets échouent très rarement. C'est souvent le cas de vieux couples décidant ensemble de se donner la mort.
Il y a enfin de grands suicides collectifs, provoqués par une véritable contagion mentale à partir d'un ou deux leaders, dans une sorte de transe ou d'état hypnotique généralisés. C'est l'exemple dramatique du suicide collectif d'une secte religieuse d'origine nord-américaine, en Guyana, en 1978.


La théorie pathogénique du suicide

Sur le plan d'une théorie pathogénique du suicide, on en reste aux deux grandes hypothèses:

  • L'hypothèse de l'anomie de Durkheim
  • L'hypothèse de Freud: pour lui le suicide serait finalement une forme d'homicide: « Nul n'est probablement à même de trouver l'énergie psychique de se tuer, à moins de commencer par tuer quelqu'un à qui il s'est identifié. »

Parmi les variantes, on peut citer la théorie de Karl Menninger. Selon ce psychiatre, le suicide exprimerait à la fois un désir de mourir, un désir de commettre l'acte de tuer et un désir d'être tué.
Toutefois, aucune de ces considérations ne saurait prétendre traduire toute la vérité. Si la théorie de l'anomie permet de saisir la forte proportion de veufs et de personnes séparées parmi les suicidés, elle n'explique pas pourquoi seuls certains veufs ou esseulés se suicident, alors que les autres ne le font pas.
Un taux élevé de suicides peut résulter de la conjonction de plusieurs facteurs. Il faut admettre que le phénomène suicidaire est presque toujours le reflet d'une interaction entre des facteurs sociaux et des facteurs personnels. Et seule la connaissance de ces différents facteurs permet une bonne prévention du suicide, mettant en œuvre l'ensemble des moyens nécessaires pour en diminuer la fréquence. Il s'agira aussi de postvention, qui est la prévention de la récidive après une tentative enrayée, puisqu'il faut tenir compte des suicidants récidivistes, de plus en plus nombreux, surtout dans la population féminine. C'est surtout pour ceux-là qu'il faudra prendre le temps de les aider et de les écouter.
Les classiques bonnes paroles, c'est-à-dire les propos conformistes et superficiels, n'apportent aucun apaisement appréciable. Au contraire, elles renforcent l'isolement du désespéré. Il en va de même des arguments de dissuasion tels que: « Se suicider est une lâcheté, pensez à vos parents ou à vos enfants. » Tout reproche est à bannir et ne manifeste que l'inquiétude de celui qui le prodigue. Et, à l'extrême, ceux qui parlent plus qu'ils n'écoutent échouent.


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