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La définition de Structure


Une structure désigne un ensemble ordonné et autonome d'éléments interdépendants, dont les rapports sont réglés par des lois. Le structuralisme, par ses tentatives dans le domaine des sciences humaines, s'était efforcé de définir ces lois. Celles-ci sont considérées comme des rapports entre éléments liés ensemble.


Le structuralisme en psychologie

On peut dire que la structure en psychologie, comme en biologie, se caractérise comme un tout constitué, un ensemble, qui possède trois caractéristiques:

  • La totalité: elle confère à chaque élément qui le compose une propriété qui s'ajoute à celle que chaque élément possède et qui le lie à l'ensemble constitué dont il fait partie. C'est déjà ce que les gestaltistes avaient mis en valeur, par exemple, dans la perception.

  • Les lois de transformation: ils font que les processus de composition de l'ensemble peuvent se modifier en obéissant à une cause extérieure, comme chez Jean Piaget, où l'enfant, en prenant de l'âge, passe d'un système de pensée à un autre.

  • L'autoréglage: il fait que les permutations, les renversements, etc..., sont possibles à partir des seules lois de composition qui régissent le groupe.

De ce point de vue, Piaget parle en termes de groupe de ce qui, après lui, pourrait être décrit en termes de structure. Le structuralisme, en dehors des perspectives ouvertes par Piaget qui n'est pas structuraliste, n'a pas apporté beaucoup de nouvelles hypothèses en psychologie.


La structure en psychanalyse

Pour Lacan, ce qui ordonne l'ensemble des « effets que la combinatoire pure et simple du signifiant détermine dans la réalité où elle se produit ». La notion de structure parcourt toute l'œuvre de Sigmund Freud. Elle peut concerner l'appareil psychique, auquel Freud accorde une valeur de fiction sans réalité organique, en tant qu'il se différencie en un certain nombre de systèmes dont les propriétés et les rapports sont décrits dans les deux topiques. Elle s'applique également à la dynamique qui anime ces systèmes: les rapports structuraux de la vie mentale et, enfin, aux processus morbides . On peut donc s'étonner que ce terme n'ait pas été reconnu comme un concept freudien et que, dans son acception contemporaine structuraliste, la psychanalyse semble l'avoir reçu d'ailleurs. En effet, Lacan a constamment mis l'accent sur l'articulation structurale chez Freud même s'il précise que c'est de Lévi-Strauss qu'il autorise son propre emploi du terme de structure. Il est inséparable de celui de signifiant.
La notion de structure résulte d'un changement d'attitude à l'égard des objets d'étude qui consiste à se détacher de leur singularité pour s'attacher aux relations latentes qui existent entre eux ou entre leurs éléments. Ceci suppose que ces objets appartiennent à un ensemble ou qu'ils soient eux-mêmes un ensemble, ce qui peut faire difficulté. En mathématique, une structure sera complètement déterminée par un certain nombre de relations entre objets, assujetties à un système d'axiomes. On retrouve ainsi la même structure, dite groupe de Klein, aussi bien dans le groupe des symétries d'un rectangle que dans celui des formes grammaticales de l'adjectif français, etc... La structure du langage peut s'entendre alors comme les deux lois de composition: métaphore et métonymie, auxquelles Roman Jakobson a ramené toutes les relations possibles entre les éléments, c'est-à-dire les signifiants.
La notion de structure semble privilégier la dimension synchronique dans l'étude de la langue aux dépens de l'histoire. En fait, la dimension temporelle en psychanalyse reste essentielle à la structure, ne serait-ce que du fait qu'elle est nécessaire au déroulement de la parole, et comporte donc l'axe de la contiguïté (ou métonymie). Mais le temps de la parole est complexe. en effet, une phrase ne boucle sa signification qu'avec son dernier terme, chaque terme étant à la fois anticipé et scellant le sens des autres par son effet rétroactif. L'autre axe du langage, l'axe paradigmatique de la substitution (ou métaphore), est à entendre comme un lieu. La structure de ce lieu que Lacan appelle l'Autre (ou A), trésor des signifiants, où se joue le choix des substitutions, est marquée d'un manque que Lacan écrit S(A / ), indiquant qu'il n'y a pas dans l'Autre de signifiant qui en garantisse la vérité, en d'autres termes qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre.
La structure que la psychanalyse a découverte sous le drame œdipien s'organise autour d'une coupure qu'elle désigne comme la castration. Celle-ci renvoie au dernier terme au manque de ce qui constituerait un souverain bien. La fonction et les lois du langage sont telles que, pour l'être parlant, la jouissance est à la fois prescrite et interdite. C'est que l'idée de l'Être est elle-même introduite par le langage mais n'est vécue que dans le registre d'un manque au cœur de cet être, manque qui marque autant la mise en place des identifications imaginaires que celle de l'individu. Par la castration l'objet a, partie soustraite à l'image spéculaire, se retrouve dans le fantasme comme soutien du désir de l'individu. Il se substitue au manque qu'est proprement le sujet et ce manque est la seule chose que son nom puisse désigner comme le même au-delà des apparences.
La thèse de Lacan selon laquelle l'inconscient est structuré comme un langage, a permis de maintenir la découverte freudienne contre les dérives herméneutiques ou psychologisantes qui la réduisent aux seules exigences de l'adaptation sociale. Elle en réfute sa vulgarisation dégradée en une explication des symptômes par les événements de l'enfance, entendus comme faits réels, causes des difficultés actuelles dans une dimension temporelle simplement linéaire. Elle ne méconnaît pas pour autant l'histoire, qu'il s'agit pour le patient dans la cure d'assumer, mais en tant qu'elle constitue pour lui « l'émergence de la vérité dans le réel ». Le temps de l'histoire qui intéresse l'individu dans l'acte qui lui donne naissance, n'est pas linéaire. Il reçoit sa structure logique de la coupure signifiante figurée par la double boucle précédemment évoquée. Selon l'effet d'après-coup relevé par Freud, l'individu « aura été », toujours au futur antérieur. Il aura été l'objet que la coupure du signifiant a détaché dans l'écart de ses deux tours et qui vient après coup tenir lieu de cause de son désir. La mise en place de cette temporalité d'ordre topologique constitue de ce fait un critère essentiel pour différencier les différentes structures cliniques: la psychose, la névrose et la perversion.


La structure latente

L'une des spécifications du modèle en caractéristiques latentes proposé par Paul Lazarsfeld.


La structure simple

Il s'agit d'une modèle factoriel proposé par Louis Thurstone, qui sert souvent de critère pour guider les rotations de facteurs. Dans un tableau de saturations où les variables observées sont en lignes et les facteurs en colonnes, Thurstone définit la structure simple par les critères suivants:

  • Chaque ligne doit comporter au moins un zéro.

  • Dans chaque colonne, il doit y avoir au moins autant de zéros qu'il y a de facteurs.
  • Pour chaque paire de colonnes, plusieurs variables doivent avoir une saturation nulle dans une colonne et une saturation significative dans l'autre.
  • Pour chaque paire de colonnes, il doit n'y avoir que peu de variables présentant une saturation non nulle dans chacune des deux colonnes.

Plus approximativement, on peut dire que le tableau de saturation sera plus facilement interprétable si chaque facteur ne sature que certaines des variables observées et si chaque variable observée n'est saturée que par un petit nombre de facteurs. Les facteurs ainsi orientés peuvent être indépendants (structure simple orthogonale) ou en corrélation (structure simple oblique).
Après avoir été utilisé à l'époque où les rotations s'effectuaient manuellement, le modèle de la structure simple a été adopté par plusieurs logiciels de rotation automatique. Aussi, il inspire souvent les hypothèses dont partent les analyses factorielles confirmatoires utilisant des modèles structuraux tels que LISREL.


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