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La définition de Stéréotype


Un stéréotype désigne un schéma cognitif associé à l'un des critères tels que l'apparence physique, le sexe, l'identité religieuse, politique, ethnique, sexuelle, etc.... Ces critères définissent nos croyances et guident nos jugements sur les groupes sociaux et sur leurs membres.


L'origine probable des stéréotypes

L'origine des stéréotypes a été attribuée à des processus cognitifs tels que:

  • L'illusion de corrélation: nous donnerions plus de poids aux occurrences peu fréquentes chez les groupes minoritaires, même si leur fréquence relative est la même que dans les groupes majoritaires.

  • La surcharge de mémoire: nous n'avons pas assez de temps et de disponibilité pour traiter la grande quantité d'informations potentiellement disponibles à propos de certains groupes sociaux.

Ainsi, les stéréotypes seraient des biais cognitifs dus à nos limitations cognitives. Mais les stéréotypes fonctionnent également comme des justifications idéologiques pour les asymétries de statut et de pouvoir dans les rapports entre groupes, ou comme des modes opératoires socialement transmis et qui définissent les rôles et les fonctions sociales des membres de groupes stéréotypés.
Pour certains auteurs comme Penny Oakes, Alex Haslam et John Turner, les stéréotypes découlent, du moins en partie, des relations objectives entre les groupes, ou rendent ces relations objectives parce qu'ils fonctionnent comme des prophéties autoréalisées. Par exemple, Patricia Campbell propose que les stéréotypes puissent avoir une composante véridique due au contact entre les groupes (un noyau de vérité), et une composante projective fondée sur des croyances (erronées) socialement transmises.


Le caractère erroné des stéréotypes et l'hypothèse de l'homogénéité de l'exogroupe

Une des préoccupations centrales de la psychologie sociale relatives aux stéréotypes concerne leur manque de validité, éventuellement due à un manque de contact entre les membres de différents groupes sociaux. Enracinée dans cette perspective, l'hypothèse de l'homogénéité de l'exogroupe est, aujourd'hui, le domaine central de l'étude des stéréotypes en psychologie sociale. Plus généralement, cette approche propose que, parce que nous avons plus de familiarité avec les membres de notre propre groupe (endogroupe) qu'avec les membres d'autres groupes (exogroupes), nous percevons ces derniers comme plus semblables les uns aux autres (donc, plus stéréotypés) que les premiers.
Cette idée a des implications évidentes pour la façon dont les stéréotypes s'organisent dans nos structures cognitives. En effet, si nous pouvons percevoir certains groupes comme plus homogènes que d'autres, alors nos stéréotypes comprennent non seulement les caractéristiques que nous croyons communes à tous les membres d'un groupe, mais aussi des croyances à propos d'un certain degré de variabilité au sein du groupe.
Ainsi, pour certains auteurs, un stéréotype correspondrait à la représentation des caractéristiques qui, à la fois, sont communes au plus grand nombre de membres d'un groupe et les différencient au mieux des membres d'autres groupes. La variabilité perçue chez un groupe (par exemple, les Portugais) serait donc le résultat du rapport entre caractéristiques prototypiques (par exemple, petite taille, noirauds, travailleurs, etc...) et caractéristiques atypiques (par exemple, bavards, dépensiers, etc...) attribuées à ses membres. De plus, un stéréotype présenterait plusieurs niveaux de généralité (par exemple, le stéréotype général des francophones pourrait inclure des sous-catégories telles que les Français, les Québécois, les Wallons, etc...). La perception de variabilité dépendrait donc aussi du nombre de sous-types attachés au stéréotype général.
Pour d'autres auteurs comme Thierry Devos, Loraine Comby et Jean-Claude Deschamps, un stéréotype correspond, au départ, à une représentation abstraite qui nous est socialement transmise. Mais la probabilité de rencontrer des membres qui ne correspondent pas au stéréotype augmente proportionnellement avec notre familiarité avec le groupe. L'information à propos de ces membres serait stockée en mémoire sous la forme d'exemples individualisés de la catégorie. Donc, la perception de la diversité dans un stéréotype se traduirait par le nombre d'exemplaires stockés en mémoire et/ou leur éloignement par rapport aux attentes stéréotypiques initiales.
Cependant, il faut remarquer que ces perceptions de variabilité ne seraient pas uniquement le résultat d'une insuffisance d'informations, mais aussi la conséquence de la position sociale des groupes stéréotypés et des enjeux identitaires impliqués dans les rapports entre groupes. Par exemple, si nous appartenons à un groupe à haut statut, nous aurons tendance à voir notre groupe comme étant plus hétérogène que si nous appartenons à un groupe dominé. Par contre, nous avons tendance à voir notre groupe comme plus homogène que l'exogroupe lorsque nos jugements portent sur des dimensions importantes pour notre identité sociale ou lorsque nous sommes fortement identifiés au groupe.


Les conséquences des stéréotypes

Les stéréotypes ont des conséquences au niveau des jugements à propos des membres des groupes stéréotypés. Par exemple, des études basées sur l'hypothèse de la complexité versus extrémisme montrent que, lorsque nous jugeons un membre du groupe avec lequel nous avons une forte familiarité, nous le faisons de façon plus nuancée que si nous avions moins de familiarité avec le groupe.
D'autre part, des études basées sur la théorie de l'identité sociale montrent que nos jugements sont modulés par un biais de favoritisme à l'égard des groupes auxquels nous nous identifions, indépendamment de l'information que nous possédons à propos de ces groupes. D'autres études montrent encore qu'une telle identification peut nous amener à juger des membres socialement indésirables de ces groupes de façon plus dure que des membres semblables appartenant à l'exogroupe, par un souci de maintien de la pureté de notre groupe et de la possibilité de punir les traîtres et les brebis galeuses.


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