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La définition de Sensori-moteur



L'apprentissage sensori-moteur

Il s'agit soit de l'amélioration de la coordination entre les déplacements des segments du corps et les informations en provenance d'un environnement statique ou dynamique, soit de l'affinement de la coordination interne entre les patterns moteurs simultanés ou successifs constitutifs d'une activité. On réserve parfois l'appellation d'apprentissages moteurs à ceux qui font appel seulement à des informations proprioceptives originaires des muscles ou des canaux semi-circulaires.
Les facteurs les plus importants sont l'exercice, la rétroaction informationnelle et la variabilité de la situation. Le niveau de performance est une fonction puissance du nombre d'essais ou de la durée de l'exercice. Les théories de l'apprentissage se différencient par le type de contrôle envisagé et par la nature supposée de l'acquisition. Aussi, l'hypothèse d'une organisation hiérarchique est souvent privilégiée sur celle d'une organisation linéaire. L'acquisition concernerait un schéma, qui est une sorte de plan dont les paramètres sont spécifiés en fonction de la situation et du but, ou une loi de contrôle, qui met l'accent sur les informations en jeu dans le contrôle plutôt que sur le pattern moteur lui-même, ou une trace perceptive, engendrée par les stimulations rétroactives et servant ultérieurement de référence pour l'exécution, ou enfin la structure de coordination, qui assure la sélection et le calibrage des diverses masses musculaires en jeu.


Le développement sensori-moteur

Il s'agit du développement conjoint des activités sensorielles et motrices chez l'enfant. Cette dénomination a été proposée par James Baldwin puis par Jean Piaget pour qualifier les deux premières années de la vie. Ce sont les mouvements et postures, et ce qu'ils révèlent des perceptions qui résument la vie mentale de relation au monde extérieur, chez le nourrisson. L'accord entre perception et action, qui se concrétise dans les coordinations sensori-motrices, ne serait pas immédiat mais se construirait progressivement.
Historiquement, cette conception a été unanimement partagée par tous les théoriciens du développement psychologique. De même, tous ont admis que les activités sensori-motrices prennent racine dans le développement biologique, qu'elles prolongent sous des formes diverses. Enfin, tous ont considéré les activités sensori-motrices comme source de connaissance. Cependant, sur cette base commune, les descriptions et les explications diffèrent. Elles ont évolué avec les méthodes d'étude et des observations journalières. Toutefois, les points suivants recueillent une large adhésion:

  • Les capacités fonctionnelles des systèmes sensoriels et moteurs n'ont pas atteint leur plein développement à la naissance, chez l'être humain. Mais elles permettent néanmoins des réponses comportementales dès la vie fœtale (par exemple, une organisation des positions et des mouvements), une sensibilité à certaines catégories de stimulations provenant du monde extérieur, dont on peut recueillir différentes expressions (changement de rythme cardiaque, rétroflexion de la jambe, habituation). On a ainsi pu mesurer une réactivité fœtale à des sons d'intensité et de hauteur tonale suffisantes pour passer la barrière placentaire.

  • On a mis en évidence une organisation de la motilité spontanée et une organisation des perceptions dès la naissance (ségrégation figure-fond, localisations et discriminations de traits). En outre, des mouvements vers les objets de l'environnement témoignent de relations entre les systèmes moteurs et sensoriels chez le nouveau-né. Des formes rudimentaires de coordination sont possibles, dès les premières semaines postnatales.

  • Les changements qui surviennent dans les conduites et les organisations motrices et perceptives, et dans leurs associations, sont nombreux et rapides, tout au long de la première année. Ils ne suivent pas un rythme de développement uniforme, ni une progression linéaire monotone. Ils ont pour caractère commun une extension des champs spatio-temporels d'activité.

Par ailleurs, le développement sensori-moteur a été décrit en particulier par Piaget comme une généralisation progressive de coordinations locales et partielles à l'ensemble des systèmes perceptifs et moteurs. Les premières, élaborées dans les deux premiers mois après la naissance, intéresseraient uniquement la région buccale, puis s'harmoniseraient aux perceptions visuelles. Ensuite s'instaurerait, autour de 4 mois, la coordination de la vision et de la préhension, qui introduit un système de plus. Ainsi, de proche en proche se construirait une coordination générale, telle que l'illustre la marche autonome. Mais cette conception s'est vue contestée par la mise en évidence de coordinations diverses et précoces et d'unifications partielles qui n'obéissent pas à une généralisation de proche en proche. Cependant, personne ne doute d'une orientation unificatrice.
Enfin, selon tous les théoriciens classiques de l'ontogenèse, c'est dans le développement sensori-moteur que se trouve l'origine du développement cognitif. Le passage de l'habitude à l'action dirigée vers un but et les étapes successives de formation d'une intelligence sensori-motrice, qui serait une intelligence de l'action et par l'action, ont été décrits par Piaget, en 1936. Le révélateur type en sont les conduites à l'égard de la permanence de l'objet, qui vont de l'indifférence à la disparition d'un solide, à sa recherche active. Aujourd'hui, on possède bien d'autres témoignages d'activité cognitive du nourrisson, qui portent à réviser la position piagétienne. Mais la discussion sur les critères qui permettent d'attester la cognition est loin d'être close. Les débats autour de l'habituation en fournissent un exemple.


L'intelligence sensori-motrice

Il s'agit de l'ensemble des activités motrices du nourrisson sur son milieu et des informations qu'il reçoit en retour concernant les modifications qu'il a produites. Il est courant de séparer l'étude du nourrisson de celle de l'enfant plus âgé. Il est également d'usage d'appeler période sensori-motrice celle qui va de la naissance à l'acquisition du langage et, dans la théorie de Jean Piaget aussi bien que chez les post-piagétiens ou dans les tests pour bébés, on parle d'intelligence sensori-motrice.
Chez Piaget, cette appellation est liée à l'idée que les progrès de la connaissance proviennent de l'activité motrice exercée par le nourrisson sur son environnement et des informations sensorielles qu'il tire des modifications ainsi produites. La coordination vision-préhension est donc un préalable à une véritable intelligence. Les connaissances actuelles concernant les formes précoces de l'intelligence des nourrissons montrent que ce préalable n'est pas nécessaire et que bien des connaissances sont acquises avant le stade 4, véritable début de l'intelligence pour Piaget. Dans ces conditions, il ne semble plus légitime d'utiliser cette appellation de sensori-motrice pour désigner l'intelligence des nourrissons.


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