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La définition de Santé mentale


Pour jean Sutter, la santé mentale désigne l'« aptitude du psychisme à fonctionner de façon harmonieuse, agréable, efficace et à faire face avec souplesse aux situations difficiles en étant capable de retrouver son équilibre ».


La santé mentale et l'adaptation au milieu

La notion d'adaptation au milieu a donc une grande importance dans cette définition. Celle-ci sous-tend en effet que l'individu en bonne santé mentale est celui qui vit en harmonie avec son entourage, donc bien inséré dans sa famille et dans la société. Il doit jouir également d'un équilibre mental satisfaisant, étant, par conséquent, capable de résoudre ses conflits à la fois à l'extérieur et à l'intérieur de lui-même et de résister aux diverses frustrations inévitables dans une vie avec les autres.
Celui qui n'y parvient pas ne pourra pas jouir de cette bonne santé mentale puisqu'il risque d'exprimer ses conflits non résolus dans une névrose ou même de décompenser complètement et de perdre un contact normal avec la réalité en devenant psychotique. C'est pourquoi nos sociétés occidentales se sont organisées pour développer des politiques d'hygiène mentale et de prévention des maladies psychiatriques.


Les politiques d'hygiène mentale

Ces politiques, qui peuvent être d'un coût économique important, nécessitent comme préalable de bien connaître les besoins en santé mentale. Et c'est l'épidémiologie qui le permet.
Les premières enquêtes épidémiologiques psychiatriques datent du début du XIXe siècle. Ces études ont été suivies de beaucoup d'autres, qui toutes avaient en vue l'amélioration de l'assistance psychiatrique pour l'étendre à tous ceux qui pouvaient en avoir besoin et l'adapter à la réalité morbide ou prémorbide mise ainsi en évidence. La connaissance de ces besoins permet d'atteindre les objectifs bien définis par Heinz Hafner, en 1979:

  • Assurer l'adéquate utilisation des organismes déjà existants.
  • Programmer rationnellement de nouvelles structures de prévention ou de soins.
  • Déterminer les priorités, ce qui demande non seulement une bonne connaissance des besoins mais aussi une évolution précise du degré d'urgence de chacun en fonction tant de la gravité des troubles et des risques de mortalité que de la charge qui incombe aux familles et à la communauté.

Mais les politiques de santé mentale dépendront aussi de la définition de la nécessité d'assistance psychiatrique, qui est variable d'une nation, d'une culture et d'une époque à une autre.


La nécessité assistancielle

Cette expression d'une nécessité perçue par l'individu, ou par le groupe social où il est situé, est conditionnée, tant qualitativement que quantitativement, par des facteurs extra-médicaux (sociaux, culturels ou économiques) qui ont un caractère dynamique et changeant, du fait de l'offre de services qui multiplie la demande.
De même, on est passé par une longue période de grande institutionnalisation (accroissement du nombre des lits d'hôpitaux psychiatriques de 1840 à 1960, dans des proportions considérables) à la phase actuelle de désinstitutionnalisation en remplaçant ces lits par de multiples structures intermédiaires et en modifiant du même coup la définition de nécessité assistancielle, ainsi que les demandes du public, des patients et de leurs familles.
Il n'y a donc pas de politique de santé mentale qui ne dépende des conditions économiques, culturelles et sociales ainsi que des attitudes mentales collectives vis-à-vis de la folie et des malades mentaux. Cela explique que ces politiques soient si différentes d'un pays à l'autre et qu'elles restent parfois bien illusoires.


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