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La définition de Rythme


Le rythme désigne le retour à intervalles réguliers d'un fait ou d'un phénomène (des mouvements, des gestes, des événements).


Les rythmes humains

Les rythmes constituent des événements réguliers qui affectent la vie des individus, selon certains cycles. On distingue, parmi les rythmes vitaux, le rythme nycthéméral, qui est le plus marqué par les activités de la vie sociale. Mais les principaux, ceux qui marquent dès l'entrée dans la vie, sont d'ordre physiologique (la respiration, la circulation sanguine, etc...). Très tôt, l'être humain est familiarisé avec les rythmes, notamment avec la succession des jours et des nuits, l'alternance des saisons, etc... Ce sont, comme les appelle Platon, les mouvements ordonnés dans le temps.
Selon Paul Fraisse, « pour connaître les rythmes humains, il faut tout à la fois cerner ce que les hommes peuvent faire et déterminer les possibilités et les limites de leur perception [...] ; l'originalité du rythme est qu'il est à des degrés divers perçu et agi à la fois ». La perception de la répétition régulière d'une série de sons est la forme rythmique la plus simple mais, le plus souvent, l'auditeur groupe les éléments sonores. Ces groupements possèdent une structure interne, résultat des différenciations qui s'opèrent en termes d'intervalles et d'accents. « La perception du rythme est faite tout à la fois de la perception de structures et de leur répétition... Le retour périodique a des conséquences importantes: il est source de satisfaction en procurant une excitation facilement entretenue qui est augmentée par l'harmonie réalisée entre le perceptif et le moteur ».
L'organisation rythmique des mouvements ne dépend pas de repères externes. Toutefois, des stimulations rythmiques extérieures, et notamment sonores, qui possèdent les caractéristiques d'organisation décrites ci-dessus contribuent à une meilleure régulation rythmique des actes de l'homme. De plus, elles lui permettent de synchroniser ses activités à celles des autres dans les tâches rythmées, réalisées en groupe.


Le rythme au plan développemental

La discrimination perceptive des structures rythmiques est très précoce. En effet, dès l'âge de 3 à 4 mois, les nourrissons sont capables de différencier des structures auditives sur la base de changements du pattern rythmique. Par contre, il faut attendre l'âge de 3 ans pour voir apparaître les capacités à reproduire des formes rythmiques. Du point de vue moteur, les premières manifestations rythmiques sont des stéréotypies (des balancements de la tête, du tronc et des membres). On les observe pendant la première année de vie chez les enfants normaux, plus tardivement chez les enfants déficients et, chez ces derniers, elles persévèrent. Ces comportements rythmiques sont une forme de tempo moteur spontané et prédominent à des moments de transition dans le développement moteur (par exemple, les balancements rythmiques des jambes sont surtout observés lors du passage de la station assise à la marche). Par ailleurs, on a montré que, dès 3 ans, les enfants étaient capables de reproduire un tempo régulier (par exemple, en frappant régulièrement avec un crayon sur la table) et de synchroniser ces frappes à un rythme musical.
Fraisse souligne qu'il faut distinguer l'éducation par le rythme, qui s'adresse à des enfants déficients et qui utilise le caractère spontané des comportements rythmiques élémentaires, de l'éducation rythmique, qui favorise le développement de la perception du rythme et son expression corporelle chez les enfants normaux.
Un rythme biologique peut être décrit comme un système oscillant dans lequel des activités biologiques identiques se produisent à intervalles égaux (ou périodes). Les rythmes circadiens de nombreuses fonctions physiologiques ne s'établissent que progressivement, certains dès les premières semaines de vie et d'autres après plusieurs années. Ainsi, le nourrisson, à la naissance, passe des fractions égales du jour et de la nuit à dormir. Des variations circadiennes émergent après le premier mois de vie, mais le sommeil de l'enfant ne devient monophasique que vers 5 ans. Les rythmes biologiques influencent les activités psychologiques. On commence à bien connaître les rythmes des activités psychologiques des enfants, leurs variations journalières et hebdomadaires. C'est pourquoi on tente d'aménager les rythmes scolaires pour respecter les rythmes psychologiques de l'enfant et favoriser une plus grande efficacité de ses apprentissages.


Le rythme biologique

Il s'agit de la variation périodique des processus physiologiques. Une variation cyclique régulière peut être comparée à une fonction sinusoïdale. Aussi, plusieurs paramètres quantifiables servent à caractériser un rythme:

  • la période,
  • l'amplitude,
  • l'acrophase,
  • le mésor.

L'analyse statistique des séries temporelles est extrêmement complexe et, pour ce qui concerne les rythmes biologiques, on ne dispose que de très peu d'outils mathématiques. Toutefois, Franz Halberg et son équipe ont mis au point une méthode d'analyse, l'analyse Cosinor, qui donne l'estimation des différents paramètres caractéristiques.
Il est maintenant admis que les facteurs extérieurs ne sont pas la cause des rythmes biologiques. Ces derniers sont endogènes, c'est-à-dire qu'il existe un mécanisme interne à notre organisme qui est responsable de cette rythmicité. Mais les facteurs externes peuvent modifier la périodicité de ces rythmes: on dit que ces facteurs externes sont des synchroniseurs. L'alternance de la lumière et de l'obscurité est un synchroniseur très puissant qui régule de nombreuses activités des organismes vivants. Par ailleurs, on classe les rythmes selon leur fréquence (valeur inverse de la période). On en distingue trois types:

  • Les rythmes de haute fréquence: il s'agit des rythmes dont la période est inférieure à 1/2 heure. C'est le cas, par exemple, des ondes électro-encéphalographiques, des rythmes cardiaque et respiratoire.

  • Les rythmes de moyenne fréquence: ils ont une période comprise entre 1/2 heure et 60 heures. On distingue les rythmes ultradiens, circadiens et infradiens.

  • Les rythmes de basse fréquence: il s'agit des rythmes dont la période est supérieure à 60 heures. On en trouve un grand nombre. Par exemple, on peut citer les rythmes circahebdomadaires (environ 7 jours) comme celui de la reproduction de certains champignons, les rythmes circadiseptiens (environ 14 jours) comme celui du réveil de quelques heures de la marmotte pendant sa période d'hibernation, les rythmes circamensuels (environ 30 jours), quelquefois appelés rythmes séléniens par analogie avec le cycle lunaire (28 jours), comme celui du cycle menstruel chez la femme, les rythmes circannuels (1 an), comme celui de l'hibernation, de la migration de certaines espèces animales ou de la reproduction, et, enfin, les rythmes pluriannuels, comme celui de certaines variétés de bambous qui ne fleurissent que tous les 15 ans quelle que soit leur implantation géographique.

Nous sommes donc, comme tous les êtres vivants, constamment changeants et les modifications biologiques rythmiques se réalisent selon des périodicités extrêmement diverses. Certains phénomènes ont une double, voire une triple rythmicité, c'est-à-dire que plusieurs rythmes de périodicités différentes se superposent et conditionnent par leur effet conjugué l'apparition d'un phénomène. C'est le cas, par exemple, du sommeil.
La nature endogène des rythmes biologiques suppose l'existence de structures nerveuses responsables du déclenchement et du maintien des rythmicités. L'existence de ces pacemakers, tel que celui dont on connaît bien le fonctionnement au niveau du muscle cardiaque, ne fait pas de doute. La difficulté est de les isoler. De nombreuses expériences de lésions n'ont pas permis de conclusion certaine car toute lésion n'altère pas forcément la source du phénomène qu'on étudie mais le plus souvent seulement un des éléments de la chaîne complexe de processus nerveux qui le génèrent. Certains auteurs font l'hypothèse de l'existence de centres oscillateurs situés dans l'hypothalamus. D'autres suggèrent que les oscillations circadiennes seraient la résultante de l'interaction de multiples oscillateurs intracellulaires. Par ailleurs, le problème se complique du fait que la plupart des rythmes biologiques sont en étroite relation les uns avec les autres.
Si l'on connaît maintenant un très grand nombre de rythmes biologiques, on reste encore très loin d'en saisir les mécanismes intimes. La question de leur fonction reste également posée. En effet, si la synchronisation des rythmes de tous les individus d'une même espèce permet à ses membres de coopérer à la recherche de nourriture, de résister aux prédateurs ou de rencontrer des partenaires sexuels, de nombreuses manifestations rythmiques n'ont pas de finalité évidente.


Le rythme psychologique

Il s'agit d'une variation périodique de l'efficience comportementale. On commence à connaître maintenant les caractéristiques des fluctuations des capacités cognitives telles que l'attention et la mémorisation. Les recherches montrent que les différences interindividuelles importantes observées peuvent s'expliquer par des facteurs typologiques tels que la matinalité-vespéralité ou la dépendance-indépendance du champ.
Comme pour les rythmes biologiques, on connaît des rythmes psychologiques de périodicités diverses:

  • Les rythmes ultradiennes: par exemple, les rythmes de l'ordre de 90 minutes.
  • Les rythmes circadiennes: entre 20 et 28 heures.
  • Les rythmes infradiennes: par exemple, les rythmes annuels.

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