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La définition de Résistance



La résistance en psychologie

En psychologie, la résistance désigne la propriété d'un phénomène psychologique qui fait qu'il est difficile à modifier.
On appelle résistance à l'extinction une propriété d'une réaction conditionnelle qui se manifeste dans la nécessité d'utiliser un grand nombre d'essais non renforcés pour la faire disparaître. Ce nombre peut fournir, toutes choses étant égales par ailleurs, un indice de la force du conditionnement. Cet indice est parfois préféré à l'amplitude, à la latence ou à la fréquence pour la mesure de la profondeur du conditionnement. En effet, les autres paramètres atteignent plus ou moins rapidement, selon les cas, un plateau et il peut arriver que la résistance à l'extinction continue à évoluer au-delà de celui-ci.


La résistance en psychanalyse

En psychanalyse, la résistance correspond à tout ce qui fait obstacle au travail de la cure, tout ce qui entrave l'accès de l'individu à sa détermination inconsciente.
Sigmund Freud a été amené très tôt à donner une place non négligeable au concept de résistance. Celui-ci désigne l'effet que produit dans la cure le refoulement lui-même, c'est-à-dire l'ensemble des phénomènes qui entravent les associations ou même conduisent l'individu au silence. Dans les Études sur l'hystérie, Freud relie la résistance à l'approche de l'inconscient lui-même. Ainsi, les souvenirs que la cure révèle sont groupés concentriquement autour d'un noyau central pathogène. Plus on s'approche de ce noyau, plus la résistance est grande. C'est comme si une force de répulsion intervenait pour contrarier la remémoration et l'interprétation.
Cependant, Il est important alors de faire intervenir la question du transfert. En effet, dans la Dynamique du transfert, Freud montre que, lorsque le sujet s'approche trop près de ce noyau pathogène, lorsque les associations lui font défaut pour aller plus loin dans la saisie du conflit déterminant pour lui, il reporte ses préoccupations sur la personne de l'analyste et actualise dans le transfert les motions tendres ou agressives qu'il n'arrive pas à verbaliser. Le transfert fonctionne alors comme résistance, lieu où l'individu répète ce qui pour lui fait obstacle.
Si les premiers textes de Freud, cependant, situent dans l'inconscient l'origine de la résistance, il n'en est pas de même par la suite, notamment avec l'introduction de la deuxième topique. La résistance est présentée comme un mécanisme de défense parmi d'autres, référable au moi. Dans cette perspective, l'inconscient n'oppose pas de résistance aux efforts de la cure. Ce qui fait obstacle, ce sont les mêmes « couches et systèmes supérieurs de la vie psychique qui avaient produit le refoulement en son temps ». On peut cependant relever deux choses:

  • Freud n'a jamais abandonné l'idée d'une résistance de l'inconscient ou encore du ça. En effet, il la maintient dans Inhibition, symptôme et angoisse parallèlement à trois résistances du moi (refoulement, résistance du transfert et bénéfice secondaire de la maladie) et à une résistance du surmoi, dérivant de la culpabilité inconsciente et du besoin de punition. Cette résistance spécifique, c'est « la force de la compulsion de répétition, attraction des prototypes inconscients sur les processus pulsionnels refoulés ».

  • Même s'il est vrai que ce qui fait obstacle à la cure se manifeste le plus souvent au niveau du moi, et notamment des réactions de réassurance, de prestance du moi par rapport à la personne de l'analyste, l'interprétation des phénomènes à ce niveau se révèle inopérante et dévoie la technique psychanalytique dans le sens d'une manipulation psychologique.

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