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La définition de Récompense


La récompense désigne une situation d'apprentissage dans laquelle un comportement est suivi par un stimulus positif et augmente ensuite sa fréquence d'apparition.


La récompense en situation d'apprentissage

Le terme récompense, tout comme celui de punition, qui lui est symétrique, a été évidemment créé par analogie avec les situations humaines. Pour cette raison même, il a été critiqué à cause de ses connotations morales et sociales. On a même considéré qu'il existait une certaine correspondance entre la théorie psychologique de l'apprentissage par récompense, fût-ce chez l'animal, et une idéologie ou une structure sociale qui sont typiques des États-Unis.
Les faits d'apprentissage par récompense sont les mêmes que ceux qui ont été analysés sous divers autres noms. Ils introduisent en plus la distinction entre les effets positifs et les autres. Mais, récompense est tantôt synonyme de renforcement positif, tantôt synonyme de renforçateur positif. Aussi, la nature des stimulus qui peuvent être utilisés ainsi est définie de façon variée selon les auteurs.
Un point qui fait l'accord est que ces stimulus sont souvent des objets de consommation par les individus. Cela vaut au sens étroit ou au sens étendu (nourriture, boisson, friandise, jouet, partenaire sexuel, etc...). On peut y ajouter la catégorie des récompenses secondaires, à valeur acquise, comme l'argent, qui détermine une consommation elle-même élargie et médiate: dépenser. Les expérimentateurs béhavioristes ont aussi utilisé une autre sorte de récompense symbolique, celle-ci est purement verbale. Il s'agit des mots d'approbation sociale tels que bien, d'accord, etc...
Par ailleurs, des désaccords existent sur la façon dont agit la récompense. Une théorie longtemps très influente a été qu'elle opère essentiellement par réduction de tension. On peut aussi penser que le stimulus-récompense agit en produisant un certain plaisir ou un état agréable chez le récepteur. Les auteurs béhavioristes ont toujours refusé une telle inférence, invérifiable chez l'animal. Toutefois, les faits d'autostimulation, dans lesquels la récompense est constituée par une stimulation directe d'une région cérébrale bien déterminée, sont probants à cet égard.
Enfin, la perspective opérationnaliste a conduit Burrhus Skinner à ne pas utiliser la notion de récompense, à lui préférer les notions de renforcement ou de renforçateur positif et à en donner une définition purement opérationnelle: est un renforçateur positif tout stimulus qui conduit à une augmentation de la fréquence d'un comportement.


Le système de récompense

Il s'agit d'un ensemble de structures cérébrales incluant les neurones à dopamine et l'ensemble des régions innervées par ces neurones (le nucleus accumbens, le cortex préfrontal et l'hypothalamus).
Ce concept est né de la découverte du phénomène d'autostimulation intracrânienne par les physiologistes James Olds et Peter Milner, en 1954. Ces auteurs ont montré qu'un rat, chez qui on avait implanté dans certaines régions cérébrales une électrode capable de délivrer de faibles quantités de courant électrique, se mettait à appuyer sur un levier relié à cette électrode pour se stimuler lui-même. Un tel comportement ne satisfait apparemment aucun besoin physiologique. Bien au contraire, l'animal peut consacrer tout son temps et toute son énergie à s'autostimuler, jusqu'à négliger ses besoins les plus élémentaires (la faim, la soif, ou le sommeil) et à en mourir. Cela laisse supposer qu'il existe dans le cerveau un système de récompense dont la stimulation produit une satisfaction cérébrale, en d'autres termes du plaisir.
En fait, le système de récompense correspond aux neurones à dopamine, dont le rôle privilégié dans les effets hédonistes des drogues est clairement établi, et à l'ensemble des régions innervées par ces neurones (le nucleus accumbens, le cortex préfrontal et certaines régions de l'hypothalamus). Le phénomène de satisfaction cérébrale décrit plus haut est évidemment à rapprocher du plaisir procuré par les drogues. Si, par un moyen extérieur tel que la stimulation électrique, on active les zones de récompense du cerveau, on empêche l'accès des informations internes, et l'animal (et, par extrapolation, l'individu humain) ressent un état de bien-être. La plupart, si ce n'est l'ensemble, des drogues (cocaïne, amphétamines, morphine, nicotine, cannabis et peut-être alcool) agissent ainsi, selon le même principe. L'action du courant électrique est remplacée, dans ce cas, par une action pharmacologique due à la mise en jeu de certains récepteurs et à l'activation des neurones à dopamine.


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