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La définition de Réalisme


Le réalisme correspond à la disposition à voir la réalité comme elle est.


Le réalisme au plan développemental

Selon Jean Piaget, le réalisme chez les enfants désigne la « tendance spontanée et immédiate à confondre le signe et le signifié, l'interne et l'externe, ainsi que le psychique et le physique ». Le réalisme se ramène plus ou moins à l'égocentrisme de l'enfant entre 3 et 7 ans. Le point de vue propre est considéré par l'enfant comme le seul possible. La confusion entre le moi et le monde extérieur, entre la pensée de l'enfant et celle des autres, produit:

  • la croyance immédiate sur le plan logique,
  • la transduction sur le plan du raisonnement,
  • la magie et la participation sur le plan de l'être.

Le réalisme intellectuel

Selon Georges-Henri Luquet, on appelle réalisme intellectuel l'ensemble des caractéristiques spécifiques de la production graphique des enfants entre 4 et 10 ans. En dessinant, l'enfant ne se soucie pas de copier servilement un objet tel qu'il peut être perçu sous un point de vue précis mais de le rendre le plus aisément identifiable. Pour lui, le dessin est un moyen privilégié de communiquer sa vision du monde. Il l'utilise comme un équivalent du récit. Pour raconter il fait appel à un répertoire de formes graphiques qu'il se construit, en l'enrichissant progressivement grâce à ses expériences, et qu'il utilise comme un vocabulaire. Ces formes graphiques se réfèrent à la représentation mentale que l'enfant se fait des objets, à ce que Luquet a appelé modèles internes.
Les formes graphiques du répertoire présentent un certain nombre de caractéristiques dont la première est l'exemplarité. Chaque terme est le fruit d'une genèse plus ou moins longue pendant laquelle l'enfant refait le même dessin de multiples fois jusqu'à une maîtrise parfaite de la conception et de l'exécution. C'est ainsi qu'il produit de longues séries de soleils, de bonshommes, etc... La forme graphique en question devient alors le prototype de toute une classe d'objets (les bonshommes, les maisons, les chapeaux, les chats). L'exemplarité peut aussi porter sur un détail. Par exemple, le même schéma du visage humain convient pour figurer la tête de n'importe quel humain mais aussi celle des animaux. La sélection et la hiérarchie des éléments sont deux autres règles de constitution du prototype. Seuls sont retenus dans la représentation les détails nécessaires à son identification et, parmi ceux-ci, les plus importants sont accentués. Ainsi, à partir du schéma générique du quadrupède, l'adjonction d'une crinière, de longues oreilles ou d'un cou démesuré suffit à spécifier qu'il s'agit d'un lion, d'un lapin ou d'une girafe.


L'orientation des éléments du dessin

Les objets et les personnes sont dessinés dans une orientation privilégiée qui change avec l'âge. Ainsi, le bonhomme et la maison sont d'abord dessinés de face, puis de profil et de trois quarts. Les assiettes sont toujours des ronds, non des ellipses, même lorsqu'elles sont posées sur une table, apparaissant ainsi comme debout sur la tranche.
Afin de fournir le maximum d'information tout en évitant toute ambiguïté, les éléments ou parties d'éléments masqués par d'autres dans la réalité sont représentés intégralement grâce à l'usage de procédés graphiques tels que la transparence et le rabattement. Pour les mêmes raisons, différents points de vue inconciliables dans la perception visuelle sont juxtaposés afin que chaque élément du dessin apparaisse dans l'orientation la meilleure. Ainsi, le corps d'un animal est reproduit de profil avec la tête de face, ou encore, une piste de cirque est figurée en plan alors que personnages et animaux le sont en élévation.
Enfin, le volume graphique (la hauteur et la largeur) des personnages représentés rend compte de leur importance relative, non de leur taille réelle et de leur éloignement.


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